On ferme boutique

Last post.

This is the very last post of the blog. I cover the current facts in Montreal (« no water, no mayor, no metro ») and I make a tentative conclusion.

[vimeo 64760211]

Plus d’un mois après mon retour, je reste informé des nouvelles montréalaises-québécoises-canadiennes ; j’y prête même plus d’attention que pour les actualités françaises. La facilité joue en ma faveur : si l’information n’est pas en anglais, c’est qu’elle est en français. Je suis donc toujours plus prompt à naviguer sur les sites du Globe and Mail et de Radio-Canada qu’à regarder les canaux 15 et 16 de la TNT.

Ce n’est donc pas du tout « après moi le déluge »… quoi que, pris au sens propre… Depuis un mois, Montréal vit au rythme du « pas d’eau, pas de maire, pas de métro« . La formule revient à Chantal Hébert, journaliste politique (The Toronto Star & Le Devoir), dans les Coulisses du pouvoir du 2 juin (sur Radio-Canada).

Pas d’eau. Le lendemain de mon départ, l’eau du robinet a été déclarée impropre à la consommation sur l’île de Montréal. Plus d’un million de résidents ont dû bouillir leur eau (ou se priver de l’eau du robinet) en raison de tests de turbidité de l’eau non conforme. Au bout de quelques heures, tout est rentré en ordre, non sans avoir créé des désagréments dans la population. Mais dans la province de l’eau potable gratuite, cet incident a eu le mérite de soulever deux questions. 1) Sait-on qu’ailleurs au Canada, des communautés autochtones subissent cette situation au quotidien depuis des décennies à cause de la pollution des sols ? 2) Sait-on que Montréal est la ville où la consommation d’eau par habitant est l’une des plus élevées au monde ?

Les Québécois sont parmi les plus grands gaspilleurs d’eau de la planète. Et des chiffres récents de Statistique Canada montrent que la consommation d’eau est toujours nettement au-dessus de la moyenne canadienne.

Les Québécois sont parmi les plus grands gaspilleurs d’eau de la planète. Et des chiffres récents de Statistique Canada montrent que la consommation d’eau est toujours nettement au-dessus de la moyenne canadienne.

Pas de métro. Mon opinion plutôt positive de la STM semble être très minoritaire. Sont en cause les pannes qui frappent le métro de Montréal : elles ont lieu trop souvent, durent trop longtemps, et surtout semblent ne pas avoir de cause valable (une panne du réseau informatique ne peut avoir lieu … plusieurs fois par mois ! ou les PCs de la STM sont-ils nuls ?)

Pas de maire. Et pour le coup, l’information a fait plusieurs fois le tour de la planète, même si les médias non-canadiens n’avaient pas toutes les clés en main pour comprendre ce qui se passait.

La dernière fois que je vous ai parlé du maire de Montréal, c’était en novembre 2012 : Gérald Tremblay démissionnait après avoir été mis en cause par des dépositions devant la commission Charbonneau. Il fallait lui trouver un successeur, avant l’élection municipale de l’automne 2013. Les conseillers municipaux avaient choisi Michael Applebaum (bras droit de Gérald Tremblay). Et jusqu’ici, ce dernier donnait pleine satisfaction en apparaissant comme le « monsieur propre » de la mairie, avec une cote de 65% de satisfaits à la mi-mai.

Et le 17 juin, Michael Applebaum est arrêté à son domicile par l’UPAC. Quatorze chefs d’accusation pèsent sur lui, dont des accusations de corruption (ce sont bien des accusations ayant force juridique, et non des soupçons). Michael Applebaum est contraint à la démission le lendemain. Plouf ! Huit mois après la démission spectaculaire de Gérald Tremblay, quatre mois avant l’élection municipale, Montréal se retrouve à nouveau sans maire ! Cette fois, le « nouveau maire » intérimaire, Laurent Blanchard, a annoncé qu’il se contenterait d’amener Montréal à bon port en novembre…

L’UPAC est l’unité de police anticorruption au Québec, qui conduit perquisitions et arrestations. En parallèle, la commission Charbonneau continue ses travaux de déconstruction des relations entre politiques, entrepreneurs de la construction et mafia au Québec. Devant ces écuries d’Augias à nettoyer, la commission a vu son mandat prolongé jusqu’en 2015. Des révélations croustillantes sont donc encore à venir (!). On a découvert que tout le conseil municipal de Laval participait à un système de prête-noms (dont le maire a été arrêté pour gangstérisme), tandis que de nombreux chefs d’entreprise déclaraient pratiquer le « développement des affaires » (façon polie de parler de corruption), et que le marché public de l’asphalte était truqué par un cartel (avec un impact sur la qualité dudit asphalte, et la recrudescence des nids-de-poule…).

L’actualité ne se résume pas uniquement aux malheurs de Montréal. Vous avez tremblé devant les images de Lourdes sous les eaux ? C’est peu de chose devant les inondations dans le sud-ouest de l’Alberta (notamment autour de la métropole de Calgary), dont les dégâts se chiffrent en milliards de dollars.

En politique, plutôt que de m’épancher sur ce que je pense des scandales du Sénat, ou de la polémique sur le turban au foot/soccer (qui auraient chacun mérité un article seul), ces petits bilans sont bien plus parlants :

Ottawa : Angry Tom, Justin le xyloglotte, et Stephen l’autocrate arrogant

Québec : François le hargneux, Philippe l’invisible, Pauline la chipie qui était une girouette

Last post.

Comme à un examen où il faut lâcher le stylo au bout du délai imparti, l’écriture de ce blog doit cesser après la fin de la 3A. Continuer ce blog alors que je suis rentré depuis plus d’un mois est un peu ridicule, car je ne peux pas faire comme si j’étais toujours à Montréal.

En même temps, je me rends compte que je n’ai absolument pas eu le temps de dire tout ce que j’ai vu de l’Amérique du nord, ni d’ailleurs d’avoir eu un aperçu convenable de ce qu’est le Canada. Tant pis, je laisserai certaines choses sous silence même si je tâcherai de m’en souvenir.

Sunset on Montreal and Downtown Campus. Le soleil se couche sur la 3A.

Sunset on Montreal and Downtown Campus.
Le soleil se couche sur la 3A.

Voilà. Cela fait plus de dix mois que je suis parti, plus d’un mois que je suis revenu.

Ma 3A n’est pas encore officiellement « validée ». Mais le Pôle Mobilité de Sciences Po a déjà reçu mes relevés de note (sous scellé et avec une GPA plus que correcte) et mon rapport de séjour. Et de toute évidence, ma 3A est finie pour de bon.

J’ai vu les photos de la cérémonie de graduation (on dit graduation en anglais comme en français-québécois) de McGill. Des milliers d’étudiants fiers d’achever leurs Undergraduate Studies, portant la toge universitaire pour la Convocation Ceremony. Je sais déjà que pour la diplomation du Bachelor de Sciences Po, ce sera sans l’air du printemps, et sans la toge et le chapeau noirs.

En un mois, j’ai déjà eu l’occasion de prendre le RER C au bord de la Seine revoir des 3A de retour de Bombay, Londres, Oxford, Boston, Austin, Vancouver, Stockholm… D’autres ont la chance de vivre leurs derniers jours de 3A en ce moment-même.

Mais tout cela ne me rendra pas les 21 balançoires :

ni la tire d’érable :

J’aime le Canada. Ce pays qui accueille. Où on valorise les différences, et la vie des communautés. Où on a compris qu’une immigration hautement instruite et qualifiée sera un atout pour l’avenir : les immigrés représentent un quart de la population du Canada, et plus du tiers des détenteurs d’un grade universitaire. Où les plus jeunes députés appartiennent à un parti progressiste, et non à un « front national » xénophobe et démagogue.

Montréal me manque. La preuve : pourquoi prêté-je autant d’attention à l’actualité de Montréal ?

Merci aux quelques 9 800 internautes qui ont visité mon blog de là où ils/elles étaient (France, Canada, mais aussi Australie, Royaume-Uni, États-Unis, Singapour, Mexique…), avec jusqu’à 150 visiteurs/jour. Certains d’entre vous sont arrivés ici vraiment par hasard (WordPress m’indique ce que vous avez saisi sur le moteur de recherche), d’autres ont suivi jour après jour mes petites aventures au bord du Saint-Laurent.  L’article le plus lu (à part la page d’accueil…) est celui consacré au premier match de football américain de la saison universitaire. Encore, merci.

WordPress StatsPW – pour la dernière fois the migratory martlet

p.-s. Comme les articles promis (en août dernier) sur la banque et le logement ne viendront jamais, j’irai à l’essentiel.

  • Croyant que le marché locatif de Montréal fonctionnait de la même manière qu’à Paris, j’ai été trop pressé dans ma recherche de logement, alors que j’aurais pu me permettre d’être plus exigeant sans pour autant payer plus cher (notamment quant à l’état général de l’appartement dans lequel j’ai habité). Si c’était à refaire, je prendrais plus mon temps, et je serais plus vigilant. Et pour couronner le tout, l’ancien locataire a « oublié » de signaler son changement d’adresse, si bien que je recevais ses amendes automobiles venant de la Cour municipale (avec menace de visite d’huissier de justice) !
  • Pour les finances, j »ai ouvert un compte HSBC Premier en France, que j’ai lié à un compte HSBC au Canada : les transferts d’un compte à l’autre (en ligne) étaient instantanés et sans frais (à part un taux de change un peu en retard sur celui en vigueur). Une fois au Canada, je me rendais de l’agence bancaire HSBC située en face de l’entrée du campus (à l’intersection Sherbrooke / McGill College), tout en ayant une carte de débit pour les transactions courantes. Cher agent du fisc français qui lis ce blog, sache que j’ai fermé le compte canadien le jour où je suis parti de Montréal et qu’il a été alimenté par des revenus déclarés en France (et que mes parents ont rempli le formulaire concerné).

L’Espace pour la vie

Après avoir fait la promotion du (petit mais superbe) Redpath Museum, je continue dans un tour des musées de Montréal avec l’Espace pour la vie.

L’Espace pour la vie n’est ni un centre de soins médicaux ni un centre de propagande pro-life. C’est l’ancien quartier olympique (Montréal ayant accueilli les Jeux Olympiques d’été en 1976), dont les infrastructures se sont converties en musées et attractions touristiques.

Le Stade Olympique de Montréal (et sa tour)

Le Stade Olympique de Montréal (et sa tour)

La Tour de Montréal

En arrivant par le métro, on descend à la station Pie-IX (ou à la station Viau) : impossible de rater cette tour inclinée surplombant l’ancien Stade olympique.

Bien que j’apprécie énormément l’architecture contemporaine, j’adhère à l’opinion majoritaire des Montréalais : c’est une catastrophe. Jean Drapeau (maire de Montréal de 1954 à 1957 et de 1960 à 1986) voulait faire du Stade olympique un symbole du Montréal moderne. Outre le fait que le stade a coûté beaucoup plus cher que prévu (la Ville a fini de payer sa dette de $1,47G… en 2006), il vieillit très mal. Le toit du stade n’est pas étanche, la peinture s’écaille sur la Tour, et les événements y sont rares (ni concert ni match).

L'est de Montréal (qui se trouve en fait au nord)

L’est de Montréal (qui se trouve en fait au nord)

On monte dans un ascenseur/funiculaire vitré à deux étages. Il faut dire que la Tour haute de 165 mètres a une inclinaison de 45 degrés (rien à voir avec la Tour de Pise). Quelques secondes plus tard, on déambule dans le belvédère. On est assez loin du centre-ville (à l’ « est » de Montréal, dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve) ; donc on voit à proximité immédiate… le reste de l’Espace pour la vie, ainsi que des quartiers résidentiels démultipliés (petits immeubles et maisons de ville en brique caractéristiques de Montréal). Un peu plus loin, le port (commercial) de Montréal et ses docks (le quartier abrite d’ailleurs beaucoup d’hangars de stockage), avec au fond les montagnes montérégiennes (dont le Mont Saint-Hilaire).

Ce n’est que d’un seul côté que vous verrez le Mont Royal ainsi que le centre-ville… (de très loin) Et comme la montée est vraiment chère, on se demande ce qu’on est venu faire là.

Le jardin japonais, dans le Jardin botanique

Le jardin japonais, dans le Jardin botanique

Le Jardin Botanique

Espace vert éclectique, où différents style de jardin font bon ménage. Le jardin japonais où tout est très bien étudié, avec des pelouses rasées de près (avec une large collection de bonsaïs dans la cour du pavillon). Les grandes serres abritant les végétaux exotiques, venus notamment des milieux arides ou tropicaux. Le jardin d’eau, où les plantes aquatiques encadrent les jets d’eau. Et bien sûr des rosiers, un arboretum, etc. Évidemment, on n’échappe pas au côté « zoo », très artificiel avec une pancarte pour chaque végétal d’intérêt ; mais ça reste un grand parc.

Généralement, on préfère visiter la visite d’un jardin botanique de jour, et si possible au printemps lors des floraisons. Si ce conseil d’ordre général reste vrai, je vous recommande vivement d’y faire un tour… de nuit, à l’automne : pendant le festival des lanternes !

En effet, à partir de la fin septembre, le Jardin botanique ouvre en nocturne et éclaire le Jardin chinois avec des lanternes spectaculaires et égayantes : Sun WuKong et sa petite bande (et d’autres scènes mythologiques), des pandas (et plus loin des tigres), etc. Ayant fait la visite de nuit avant la visite de jour, je préfère la première ; autrement, de jour, vous verrez surtout l’étang et les pavillons.

De nuit, pendant le festival des lanternes

De nuit, pendant le festival des lanternes

Pour nos amis entomophobes, un Insectarium se trouve dans le Jardin botanique. Vous avez bien lu entomophobes et non entomologistes : la plupart des insectes les plus spectaculaires sont à l’état naturalisé, si bien que (ayant moi-même une peur panique des bestioles) je me suis surpris à scruter sous les moindres détails d’énormes bébêtes des tropiques dont le dard passerait pour un symbole phallique. C’est aussi pour ça que les enfants sont si nombreux à visiter l’endroit.

Et le reste

Le Planétarium Rio-Tinto-Alcan a été inauguré au printemps 2013 ; mais je n’ai pas trouvé le temps de m’y rendre. Futurs touristes (ou futurs étudiants à Montréal), à vous de me dire ce qu’il en est.

Le Biodôme est une sorte de zoo couvert (indoor). Même remarque que pour le Planétarium, à ceci près que j’avais déjà fait connaissance avec les manchots papous du Biodôme lors de la Nuit Blanche.

Tout est payant, mais les entrées peuvent être achetées ensemble. Par ailleurs, cher(e) étudiant(e) international(e) qui me lis, à la fin du mois de septembre, tu recevras un pass te permettant de visiter un grand nombre de musées de Montréal gratuitement (à l’Espace pour la vie, et ailleurs). Profite-en bien !

PW – the migratory martlet

p.-s. Il me reste à me reconvertir rédacteur de guide touristique si le master tourne mal…

Redpath Museum

Bon. Je n’allais pas vous laisser sur un article suicidogène, donc je reprends la plume le clavier pour quelques articles encore. L’idée de cet article m’est venue après la visite du musée du lycée où j’ai étudié en 1°S et TS entre 2008 et 2010 (voilà, vous savez tout : le lycée H. dans la ville de V.).

– – –

En Amérique du nord, beaucoup d’universités ont leur musée. Le plus impressionnant (parmi ceux que j’ai vu) était sans aucun doute le MOA – Museum of Anthropology sur le campus d’University of British Columbia, à Vancouver, BC – c’est notamment le plus documenté sur les Premières Nations de la côte pacifique canadienne. Aux États-Unis, j’ai aussi pu visiter le Cantor Arts Center de Stanford University, à Stanford, CA (gratuit et éclectique).

Et « nous aussi », on a un musée. Redpath Museum.

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D’abord, quelques mots sur l’insertion du musée dans l’université.

Car non, le Redpath Museum ne mène pas une vie séparée du reste de McGill University. Il est exactement au milieu du campus, entouré d’Arts Building, de Leacock Building, de l’Islamic Studies Library et de McLennan-Redpath Library ; avec une façade donnant sur la grande pelouse Lower Field on peut le voir depuis la rue Sherbrooke. Bref, im-pos-si-ble de rater ce petit édifice.

Outre le fait que tout étudiant de McGill passe plusieurs fois par jour devant le musée (enfin… maintenant qu’une étudiante m’a avoué qu’elle ne connaissait pas le Leacock Building, tout est possible), il se peut qu’on y ait cours. Au premier semestre, j’y avais cours les lundi et mercredi matin, au rez-de-chaussée du musée (qui abrite un auditorium dont j’ai déjà eu l’occasion de parler ici). C’était pour POLI 354 – Approaches to International Political Economy, un cours de science politique.

Redpath Auditorium

Redpath Auditorium : les arts décoratifs contre l’ergonomie

Néanmoins, j’hésite quand même à parler d’une enclave dans le campus, car le musée Redpath reçoit presque tous les jours la visite d’hordes d’enfants bruyants accompagnés de leurs enseignants (ayant la manie de manger leur pique-nique sur le perron du musée, au soleil…).

Après cette longue introduction, parlons du musée. Redpath Museum / Musée Redpath est son nom. Le bâtiment date de 1882. Il n’est pas le plus vieil édifice du campus (dépassé de loin par l’Arts Building bâti dans les années 1840). Mais son style pseudo-antique est très raffiné, avec ses colonnes et chapiteaux … (à moins de dix mètres de là se trouve l’hideux Leacock Building).

En revanche, dès sa construction il a été prévu pour accueillir des collections muséales ; ce n’est pas un ancien bâtiment de cours reconverti (sinon pourquoi cette galerie avec balcon à l’étage ?). Ça en fait le plus vieux musée d’histoire naturelle du Canada (et, partant, l’un des plus vieux musées du Canada). C’est lié aux premiers enseignements dispensés à McGill à partir de 1821.

D’où que je sais tout ça ? À l’automne il y a eu une visite nocturne du musée (éclairé aux lampes torches) organisées par l’administration pour les étudiants. Surveillez les events Facebook.

En raison de l’étroitesse des lieux, chaque coin est efficacement utilisé (jusqu’aux plafonds et aux marches d’escalier).

Les collections sont aussi très diverses. Le site du musée indique qu’elles couvrent la paléontologie, la géologie, la zoologie et l’ethnologie. Concrètement, ça veut dire qu’on peut y voir (dans le désordre) :

  • un squelette d’Albertosaurus (je fais confiance à Wikipédia)
  • un squelette partiel de ce que je crois être un Tricératops (un dinosaure, quoi)
  • des animaux empaillés naturalisés plus ou moins locaux, dont le Harfang des neiges et le Renne (et un squelette de béluga)
  • des animaux naturalisés locaux dont l’espèce s’est éteinte ces trois derniers siècles : je n’aurai donc vu que des dépouilles de Canard du Labrador…
  • des animaux naturalisés franchement plus exotiques : antilope, gorille, guépard…
  • des cailloux de toutes les couleurs, sous verre : carbonates, sulfates, tungstates, chromates, fluorites…
  • des morceaux de mcgillite (si si !)
  • des coquillages, toujours sous verre
  • de la roche pétrifiée
  • des carapaces de tortue et des fossiles d’autres animaux marins (aux proportions monstrueuses)
  • des crânes d’australopithèques
  • des momies humaines, sous sarcophage (ou pas)
  • des momies félines, i.e. des chats embaumés
  • des poupées vaudou (enfin pas vraiment ; elles ne sont pas d’Haïti mais d’Angola)
  • une armure de samouraï
  • de minuscules chaussures pour femmes chinoises (avec schéma anatomique – âmes sensibles s’abstenir)
  • des robes portées dans les îles de l’Océan Pacifique, et leur évolution historique
  • et plus, si affinités

Bien qu’assez petit, le musée dispose de nombreux panneaux explicatifs bilingues, rendant la visite très intelligible (et instructive). Si vous ne connaissez rien aux domaines que je citais ci-dessus (archéologie-anthropologie-biologie-minéralogie-…), vous pourrez tout à fait mener à bien votre visite. En particulier, certains écriteaux explicitent la démarche d’enquête en anthropologie (par exemple : pour caractériser une sculpture hellénistique, ou pour savoir si on a vraiment affaire à une tête humaine réduite par les Jivaros ou à un vulgaire sachet de tissu…).

Une (petite) partie des explications autour de ce fragment de l'Antiquité méditerranéenne.

Une (petite) partie des explications autour de ce fragment de l’Antiquité méditerranéenne.

En cela, le musée Redpath est comparable (du point de vue des thèmes couverts) au Royal Ontario Museum, à l’exception du prix d’entrée. Car le musée Redpath est gratuit (même si un tronc à l’entrée vous indique les contributions dont devraient s’acquitter les visiteurs).

Maintenant, je peux dire que j’ai eu cours sous un dinosaure et avec une tortue.

Au-delà de sa position centrale dans McGill, le Redpath Museum est aussi un des principaux lieux de tourisme muséal de Montréal. Depuis que je sais que Newt Gingrich (vous savez, le fou furieux du Parti républicain qui a trouvé plus fou que lui depuis) y a mis les pieds, j’hésite à renier mon passé dans ce musée…

Newt enjoys Redpath Museum in Montreal.

A photo posted by Callista Gingrich (@callygingrich) on

PW , the migratory martlet

Dépression postpartum

23 août 2012 – 22 mai 2013 : une 3A de neuf mois

Je suis rentré en France. Telle une grossesse, ma 3A a duré exactement neuf mois. Maintenant j’en suis au baby blues.

Une heure après être revenu en France

Dans la suite de l’article, je vais me plaindre. Soyez prévenus.

Justement, en parlant de se plaindre, j’ai pu constater avec amertume la différence d’humeur entre les Français et les Canadiens ; et ce, au moment même où j’ai franchi la sortie des Arrivées du terminal 2E de l’aéroport Roissy – Charles-de-Gaulle.

  • « Dépêche-toi ! Il n’y a que 20 minutes gratuites à l’aéroport ! »
  • « Vite ! Quelqu’un d’autre attend pour notre place de parking ! »
  • « (grossièreté) ! Il y a un bouchon ! »
  • « Il fait moche… il fait tout le temps moche ! »
  • « Et n’oublie pas de dire à C. (mon frère) qu’il doit réviser son contrôle de français demain, parce que son bac blanc… ! »

Donc, ont-ils donc attendu mon retour pour que je mette la pression sur mon frère sur le bac, par une journée fraîche et sous éclaircies, avec un petit ralentissement en accordéon sur l’A1 pendant quelques centaines de mètres ?

J’avais interviewé il y a un an et demi Yann Algan, coauteur de La Fabrique de la Défiance. Les Français ne font pas confiance à leurs pairs à un degré handicapant, paraissent arrogants tout en manquant du minimum d’estime de soi. Je m’en suis rendu compte, pas tant en allant à la rencontre des Canadiens, mais plutôt en retrouvant les Français…

Pour revenir à la métaphore de la grossesse, il faudrait admettre que j’ai été engrossé dans le vol aller, que les nausées des premières semaines correspondent aux difficultés de l’installation, que la future maman épanouie tient pour tout le reste (avec un ventre qui s’arrondit à mesure que je fais mien le mode de vie de l’étudiant mcgillois). La métaphore filée n’est pas très satisfaisante ; il faudrait en trouver une autre. À quoi correspondraient les -40°C de janvier, le choix de master, les tires d’érable, le rapport de séjour ?

Ceci n’est d’ailleurs pas le lieu de la description obscène de mes contractions préparatifs du retour, ni de mon accouchement vol retour.

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… Revoir le divin raton-laveur ? Échec

La semaine entre mon retour de Vancouver et mon départ pour CDG a été vraiment trop courte. Voici donc une (longue) liste des choses que j’aurais dû faire à Montréal avant de partir, qui fait écho à mon billet d’humeur dans the McGill Tribune :

  • visiter le Centre Canadien d’Architecture (gratuit pour les étudiants, le comble…)
  • visiter le Biodôme (j’avais déjà acheté le ticket valable entre le 18 mai et le 18 juin, sans trouver le temps d’y aller entre bagages excédentaires et choses à jeter)
  • assister à une des auditions de la Commission Charbonneau (et ce n’étaient pas les auditions qui manquaient)
  • retourner au Dollar Cinema ($2.50 la séance et une programmation en retard de six mois sur les autres salles : la combinaison parfaite pour moi qui suis au courant des bons films quand ils ne sont plus projetés et qui suis radin)
  • venir et revenir dans un Tim Hortons (non pas que je n’y sois pas allé, mais on n’y va jamais assez)
  • rejouer aux 21 Balançoires musicales (idem, mais on ne se balance jamais assez)
  • visiter plus sérieusement le Plateau (quartier qui passe pour le plus sympa et où j’ai dû mettre les pieds… trois ou quatre fois ? et à chaque fois pour le traverser rapidement) ; même remarque pour le Vieux-Port
  • m’essayer au Bixi et faire un tour de l’autre côté de Montréal (le marché Jean-Talon, Westmount ou encore d’autres coins « incontournables » me sont encore inconnus)
  • aller voir un match de hockey sur glace avec les Canadiens de Montréal au Centre Bell, avant qu’ils soient éliminés de la LNH
  • sortir de Montréal et voir le reste du Québec…

À cette liste abrégée, il faut ajouter ce qui aurait pu être fait en une autre saison (patiner sur la Patinoire du Vieux Port, profiter des divers festivals dans la ville dont Igloofest et des théâtres, aller à La Banquise puisque les seules poutines que j’ai mangées étaient de la restauration rapide…).

… ou retourner au Musée des Beaux-Arts, puisqu’on m’a fait lourdement remarquer que mes souvenirs de cette visite sont lacunaires
Les Castors du Roi, Kent Monkman

Pendant ce temps, il me faut entendre mes parents radoter sur le mauvais temps, « la crise », ou encore sur le dilettantisme actif (ou l’ardeur paresseuse ?) de mon frère à l’approche des examens. Les entendre dire qu’il ne faut surtout pas que je fasse de stage cet été (mission presque réussie puisqu’ils m’ont déjà convaincu d’attendre de revenir en France pour chercher…), ou que je devrais me couper les cheveux, ou bien que c’est horrible que je ne sorte jamais de la maison (mais que non, c’est dangereux de marcher à pied tout seul dans la rue – et que le ticket de RER coûte trop cher – et que je ne sais pas conduire malgré mon permis obtenu il y a un an).

Dites, les parturientes, est-ce que vos parents vous traitent comme une infirme ?

(Sans transition) Les derniers soubresauts ridicules et mensongers de la “manif pour tous” (manif pas pour moi en tout cas) sont encore plus dégoûtants vus de près, alors que le Canada a depuis longtemps tourné la page. (Sans transition, bis) Les usagers du Transilien sont toujours aussi grossiers envers le personnel (mais pourquoi ne pas prendre exemple sur la STM ?). Les gens ne ramassent pas toujours ce qui résulte de la digestion de leurs amis canins. On ne peut pas savoir combien de secondes il reste avant que le bonhomme passe au rouge s’affiche en orange clignotant.

I❤ BAnQ (tellement plus agréable que la Bibliothèque municipale de V.)

Du reste, j’ai passé beaucoup plus de temps que d’habitude à taper cet article. Vous avez bien lu taper et non écrire, car mes yeux font constamment l’aller-retour entre le clavier AZERTY et l’écran. Tout à l’heure, sur Facebook, je me suis laissé surprendre à rédiger un commentaire comme si j’étais sur un clavier QWERTY et je peux vous dire aue je ,e suis rendu co,pte un peu tqrd de l*incorrection dudit co,,entqire. Il est vraisemblable que j’aurais passé moins de temps à taper cet article sur un clavier QWERTY grâce aux raccourcis type alt+130 plutôt qu’avec ce *%^£@ç&# de clavier AZERTY absolument pas intuitif. Et moi qui pensais pouvoir être le concurrent masculin de Rose Pamphyle aux championnats de vitesse dactylographique… Rendez-moi un clavier QWERTY !

(Bon, je crois que je suis redevenu Français de France, après m’être à ce point plaint sur tout)

Bon. Quand est-ce qu’on me rapatrie à Montréal ? Je veux rentrer !

PW – the migratory martlet

… Mais ça, c’était avant.

p.-s. J’ajoute que mes parents sont en train de lire d’un oeil très désapprobateur le brouillon de cet article…

p.p.-s. Aucune illustration n’est originale, car mon appareil photo est toujours dans l’un de mes bagages que je n’ai toujours pas défaits (chaque chose en son temps).

C’est fini

À l’heure où sera publié (automatiquement) ce billet, je serai déjà dans l’avion qui me ramènera à Paris.

J’ai écrit l’article depuis la Humanities and Social Sciences Library où je passe mes derniers instants, à la va-vite. Il ne faut pas le prendre comme un bilan, mais juste comme l’annonce du départ (ou du retour selon le point de vue). Ce blog est donc appelé à continuer son activité au-delà de la fin (physique) de la 3A, au moins pour quelques semaines (le temps de publier mes derniers articles).

Quelques mois de consommation de jus de fruit, notamment du jus d’orange (peut-être à partir de décembre…)

Ce n’est pas pour me prémunir d’un quelconque attentat aérien à mon endroit que j’ai tardé à annoncer la date exacte du retour (quoi que, maintenant c’est un peu tard pour vous y prendre😀 ), mais parce que je ne réalise toujours pas que c’est fini. Même si j’en parle, même si j’ai plus ou moins bien mené les tâches administratives liées, même si j’essaie de fermer tant bien que mal mes bagages (en espérant très fort qu’ils ne pèsent pas plus de 23 kg).

Parce que depuis quelques jours je regarde le 19/20 de France 3 Paris Île-de-France pour me réacclimater (et déprimer comme un Français)

Toutes proportions gardées, je me sens comme l’astronaute canadien Chris Hadfield quelques heures avant son départ de l’International Space Station (ou son retour sur Terre) – regardez impérativement sa version de Space Oddity, c’est un ordre ! À ceci près qu’il est allé bien plus loin que moi (370 km d’altitude, ça vaut bien quelques 6000 km le long du sol, non ?)

Il y a néanmoins un aspect du retour dont j’ai pris conscience très rapidement : ma liberté de mouvement sera limitée. Pour me rendre de la grande couronne à Paris (ou même au sein de ma ville), il me faudra attendre le 1er septembre et ma réinscription au pass Imagine’R étudiant (en attendant ce sera ticket par ticket). Et bien que j’aie le permis de conduire, j’ai passé presque toute ma première année probatoire … à Montréal (sans toucher à un volant) : bref, il est plus sage que je ne conduise pas tout de suite. Le retour, ou comment retourner sous la coupe de ses parents pour le moindre déplacement. (zut, il faut vraiment rentrer ?)

Moi dans 24 heures

PW – the migratory martlet