Procrastination mon amour

S’il y avait une maladie dont je pensais être guéri, c’était la procrastination.

procrastination [pʀokʀastinɑsjɔ̃] n. f. (latin procrastinatio, de pro-, et crastinus « du lendemain ») Tendance à remettre au lendemain des décisions à prendre ou leur exécution, à ajourner, à temporiser (Le Grand Robert de la Langue française)

Ça avait pourtant bien commencé. Au début, je reprenais avec attention les notes prises en cours, et je réalisais régulièrement les required readings.

Puis ça c’est enlisé. Il y a ce moment où on oublie de prendre ses médicaments lire les textes à temps. Puis ce moment où on renonce à brosser ses dents combler le retard accumulé. Et maintenant, je vois les midterms (examens de mi-semestre) arriver d’ici quelques semaines. Je regarde mon état d’avancement dans mes readings. Oups.

En fait, je suis vraiment atteint par la procrastination. Une forme gravissime de la procrastination.

En fait, si c’était si grave que ça j’aurais reporté à plus tard la recherche de ce mème.

Mais à quoi consacré-je mon temps ? À regarder des photos de chatons, à changer le thème visuel de ce blog, à lire la composition du liquide vaisselle, à avoir des épistaxis en série quand Jean-François Copé l’ouvre, à comparer les rabais entre Pharmaprix et Brunet, à préparer mon week-end à New York (qui n’arrangera rien à mon retard de lectures), à regarder Bonne nuit les petits sur YouTube en plein jour. Mais quitte à perdre mon temps, autant le faire de façon altruiste.

Au lieu de lire Charles Hermann, “Changing Course: Why Governments choose to redirect Foreign Policy,” International Studies Quarterly, Vo. 34, No. 1 (March 1990), 3-21 (que j’aurais dû lire il y a deux semaines), je préfère donc vous faire lire. Gnagnagna.

* * *

Aujourd’hui, c’était la Study Abroad Fair à McGill. Pendant quatre heures, nous – étudiants de Sciences Po en 3A à McGill – avons tenu un stand où les étudiants de McGill pouvaient nous poser leurs questions. Accessoirement, il nous fallait les convaincre de l’opportunité de venir en exchange à Sciences Po (en effet, pour eux le séjour d’étude à l’étranger n’est pas obligatoire). Armés de prospectus envoyés par l’administration parisienne (en nombre nettement insuffisant), nous avons déroulé notre argumentaire – dear McGill students, please read (charge à vous de traduire) :

Yes I do study in Sciences Po. Sciences Po is a French university in social sciences. You can study economics, history, law, sociology, political science, international relations, management, public policy… And you can take courses in both French or English; if your French is poor, you can take French languages classes too in order to improve your French abilities. Our campus is located in the historical heart of Paris, in Saint-Germain-des-Près, close to the Musée d’Orsay (but you can also study outside of Paris). It is a really good place, you can go everywhere in Europe by train or plane, in two or three hours.

La photo utilisée pour allécher nos futurs collègues.

Encore fallait-il s’assurer que l’étudiant devant moi n’était pas en Engineering, ni en Linguistics ou en Physiopathology. En général, soit cet étudiant lit par lui-même « Institut d’Études Politiques de Paris » et fait une grimace (fort sympathique), soit on le lui fait remarquer. Cela étant, les étudiants intéressés et éligibles étaient au rendez-vous, avec des questions parfois précises et informées (notamment le coût du logement, les choix de cours… ou bien le GPA minimum requis, question à laquelle nous ne pouvions pas répondre). Au bout de quatre heures, j’avais un parpaing vaporeux à la place du cerveau ; plus tard dans l’après-midi, j’ai même fini par dérouler le discours ci-dessus à une personne qui me demandait où se trouvait la bouche de métro la plus proche.

* * *

L’été est ter-mi-né. La pluie s’invite à Montréal ; et ici ce n’est pas une pluie fine qui tombe par intermittence, mais une pluie forte ininterrompue sur plusieurs jours (à raison de plusieurs dizaines de millimètres d’eau en quelques heures). La pluie rafraîchit l’atmosphère. Les températures sont ainsi passées sous la barre des 20°C au meilleur de la journée, et sont en-dessous de 10°C le matin.

S’il ne fait pas « froid » (au sens canadien du terme), les températures baissent fortement la nuit, si bien qu’au petit matin, quand je dois sortir du lit… je ne sors pas du lit. En tout cas, seulement après m’être convaincu que ce sera difficile d’être en cours sans avoir mis le pied par terre.

Sachez aussi que le chauffage n’est pas encore enclenché chez moi. Mis à part le matin que je viens d’évoquer, la température intérieure est tout à fait supportable. La vapeur qui s’échappe de ma casserole ainsi que la chaleur émise par mon grille-pain sont d’excellents chauffages d’appoint à l’heure des repas.

Les arbres sont encore verts. Aucun tapis de feuilles rouges ou jaunes en vue (ou alors je ne croise que des arbres mutants).

Enfin, j’ai été très étonné par l’hypothèse selon laquelle l’hiver 2012-2013 serait le plus rude de ces 80 dernières années (avancée par Vincent D., cf. l’article précédent). Tellement étonné que j’ai voulu vérifier par moi-même. Et maintenant, je suis porté à croire qu’il ait été très mal informé. Je suis allé vérifier sur le site gouvernemental Environnement Canada, qui effectue des prévisions saisonnières. Et si j’en crois Environnement Canada, cet hiver sera plus doux que la normale. Lalalalalère.

Quand c’est rouge, c’est chaud. Ce n’est pas comme pour les étoiles.

* * *

Il faut aussi que je vous parle politique (quand je me serai convaincu de l’intérêt de faire les required readings ET que je les aurai faits). Pour vous mettre l’eau à la bouche :

  • Pauline Marois est Première ministre du Québec, mais dans une situation parlementaire pour le moins compliquée et inattendue. Elle a annulé la hausse des droits de scolarité pour cette année.
  • La commission Charbonneau va de révélation en révélation. Il semblerait que la mairie de Montréal (fonctionnaires, élus de la majorité et le maire Gérald Tremblay) soit coupable de corruption ; un ancien chef d’entreprise du secteur du bâtiment affirme avoir versé des chèques. Et dans le même temps, les mêmes entreprises de la construction verseraient aussi des sommes à la mafia. [1]
  • À McGill aussi, l’industrie du bâtiment fait parler d’elle. L’unité anticollusion de la police a fait une perquisition aux bureaux du Centre universitaire de santé de McGill. LE journal étudiant francophone de McGill (le Délit) revient dessus.
  • Justin Trudeau, 40 ans et député de Papineau (QC), a déclaré sa candidature au leadership du Parti Libéral du Canada. Je préfère vous prévenir, Mesdemoiselles : Justin Trudeau est marié.

C’est lui. 

Et chers 2A, n’oubliez pas que je reste à votre disposition pour toute question quant à votre réflexion sur vos voeux de 3A (je ne publie pas d’article qui y sera dédié, mais n’hésitez pas !). Mon avis est subjectif mais bienveillant.

Enfin, je ne parle toujours pas de logement. Ni de banque. Peut-être qu’il faudra attendre mon retour en France pour que vous sachiez à quoi j’ai fait affaire.

P.-S. Le temps consacré à cet article n’est pas du temps gâché. C’était du temps pour la collectivité. Maintenant, il faudrait que je consacre mon temps aux readings. S.O.S.

> You can read an English version of the article : Procrastination With Love

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