RÉSO : Vivons heureux, vivons cachés !

Il fait actuellement -12°C (-17°C en température ressentie avec le facteur éolien) et les sols sont couverts d’une pellicule de neige durcie. Autant vous dire que j’essaie de maximiser mon temps passé en intérieur.

Le RÉSO est le nom officiel de la Ville souterraine. En d’autres termes, c’est un immense réseau au centre-ville de Montréal, qui relie stations de métro, immeubles de bureaux et centres commerciaux.

Je devine votre réaction : bien entendu, on sait tous ce qu’est la Ville souterraine. Effectivement, en France, monsieur et madame Tout-le-monde savent grossièrement ce qu’est le Montréal souterrain ; et même les enfants écoutent à l’école maternelle ces histoires de villes où il fait si froid en hiver que les gens se tapissent sous terre pour continuer à vivre, dans des galeries marchandes. Mais la Ville souterraine fait aussi l’objet de fantasmes en France : il n’y a pas de logement troglodyte ni d’abri antiatomique, et ce n’est absolument pas un lieu interlope. Donc le mieux reste de vous montrer de quoi nous parlons, images à l’appui (cliquez sur les photos pour y voir plus clair) :

D’après les statistiques municipales, le RÉSO relie 8 stations de métro sur 32 km de galeries, pour 2000 commerces. L’essentiel du réseau souterrain se trouve dans un U qui relierait le métro Peel au métro Place-des-Arts, en longeant le boulevard René-Lévesque et la ligne orange du métro. Mais il y a aussi des réseaux souterrains plus petits, autour du métro Atwater et du métro Berri-UQAM. Ajoutons aussi que tout ne se trouve pas en sous-sol : il conviendrait plutôt de parler d’un Indoors Montreal que d’un Underground Montreal.

Les boutiques tiennent aussi bien du bon-marché que du très haut-de-gamme : Dollarama et Winners côtoient des boutiques aux noms bien connus, à côté des parfumeries ou autres boutiques électroniques. Généralement, le niveau le plus bas concentre les aires de « restauration rapide » (les tables sont communes aux restaurants). Certaines administrations publiques y ont même leurs locaux : à l’inverse des icebergs, la partie visible est celle qui est en sous-sol, les bureaux non ouverts au public étant dans les tours au-dessus des galeries.

Pour ne pas déstabiliser le badaud, la nomenclature des étages est révisée. Soit on se refuse à numéroter les niveaux (en usant des périphrases « Niveau métro », « Niveau rue »…) ; soit on considère que le niveau de la rue est le 4e étage, et que le 1er étage est celui qui est le plus profond.

Autre curiosité : les centres commerciaux, bien que concurrents, indiquent quand même les directions pour rejoindre le complexe voisin. Si vous êtes au Complexe Les Ailes, vous n’aurez aucune difficulté à trouver le couloir vers le Centre Eaton. En fait, il y a très peu de véritables couloirs nus : les complexes sont contigus, si bien qu’il n’y a pas de discontinuité visible quand vous passez de l’un à l’autre (tout au plus vous devrez pousser des portes ou descendre encore plus bas, par exemple pour passer sous un boulevard).

Régulièrement, vous croisez des machines distribuant automatiquement une solution hydroalcoolique (message invitant à l’hygiène des mains). Enfin, les Promenades de la Cathédrale se trouvent bien sous la cathédrale anglicane Christ Church : le lieu de culte a été maintenu sur pilotis pendant les travaux, si bien qu’il repose aujourd’hui sur des poutres (visibles dans les galeries marchandes).

La blague « officielle » diffusée par la mairie de Montréal dans les années 1970 (que j’ai lue au Centre d’Histoire de Montréal) est la suivante :

Par une tempête de neige, un Longueillois (habitant de Longueuil sur la rive-Sud du Saint-Laurent) peut prendre le métro, aller au bureau, se restaurer, faire du lèche-vitrines (ou ses courses), se rendre au théâtre ou aller à la patinoire, et rentrer chez lui, sans avoir mis le nez dehors et en T-shirt.

Maintenant, il me faut trouver les tunnels du campus de McGill. Car il paraît qu’il y en a. J’invite toute personne informée à m’indiquer par où il faut passer pour trouver l’entrée du corridor légendaire reliant Leacock Building à McLennan Library. Une seule certitude pour l’heure : pour aller du métro vers le campus, il faut sortir. McGill n’est pas (encore) connecté au RÉSO.

Sauf mention contraire, toutes les photos ont été prises par mes soins.

Je dédie cet article à Claude, alias « cla-oude », guide touristique de Montréal. Ma première sortie à Montréal d’ordre touristique était en effet un Underground Montreal Walking Tour, organisée à l’intention des étudiants internationaux de McGill, le lundi 27 août.

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