100 jours

Ma 3A a commencé il y a 100 jours.

Les cours du fall semester s’achèvent. Les instructors et les TA nous souhaitent bon vent.

Les final exams s’approchent. J’ai quatre examens finaux (trois heures à l’écrit) : le 12, le 17, le 18 et le 19 décembre. C’est tant mieux : ils sont pour la plupart d’entre eux à la fin de la période d’examens, me permettant de bien réviser (même si cela raccourcit d’autant les vacances, mais de toute manière quitte à avoir un examen dans les derniers jours autant en avoir plusieurs). Cela me sera bien nécessaire : outre une situation délicate dans un cours, j’ai de façon générale pris beaucoup de retard dans mes required readings (un peu de retard au début du semestre, encore un peu plus après les midterm exams, et encore un peu plus après les term papers : ). Il me faudra travailler davantage que je ne l’ai fait durant le semestre ; cela supposera de passer du temps en bibliothèque.

Si je devais résumer d’un mot ce semestre, je dirais sans aucun doute : « classicisme ». Dans son sens le plus mélioratif. Contrairement à Sciences Po (où l’innovation pédagogique est le maître-mot), j’ai pu m’essayer au système d’enseignement supérieur nord-américain dans sa forme la plus typique : les articles de recherche à lire, les essays et papers très brefs (où l’on essaie de condenser sa pensée dans un nombre limité de pages et/ou dans un temps limité), les professeurs très accessibles quand on a des questions (même s’il vaut vaincre sa timidité pour pousser la porte de leur bureau lors des office hours).

Non pas que j’adore ce système, mais il passe pour être le plus performant du monde et il faut connaître le standard avant d’en voir les alternatives. De même, si on peut critiquer le coût des études supérieures en Amérique du nord, j’apprécie tout particulièrement les services rendus (notamment par les bibliothèques). Cependant, le classicisme a des aspects moins plaisants : j’ai difficilement supporté l’aspect très théorique des cours : j’ai parfois eu l’impression de tourner à vide (par exemple, quand un professeur alignait les interprétations de l’effondrement du système de Bretton Woods par les différents paradigmes en relations internationales).

J'essaie de fêter les 100 jours.

J’essaie de fêter les 100 jours.

100 jours, c’est peu. Certains étudiants en échange repartiront dans leur pays dans moins de quinze jours alors qu’ils viennent « à peine d’arriver ». C’est très dommage : un semestre d’échange est largement insuffisant pour qu’ils se fassent une idée claire du Canada (et même de McGill !). Moi-même, je trouve qu’il y a encore tant d’endroits où je ne me suis pas encore rendu, à l’intérieur de Montréal : le marché Jean-Talon, des parties entières du parc du Mont-Royal, le musée des Beaux-Arts, le stade olympique… (et que dire du reste du Québec et du Canada ?)

100 jours, c’est beaucoup. Quand je me réveille le matin, je ne m’étonne plus de ne plus être en Île-de-France. Maintenant, je sais que pour sortir le plus rapidement des stations de métro, je dois être dans la troisième voiture du métro (dans la direction Angrignon). J’ai aussi pris le pli de la consommation de masse, en achetant mes vêtements d’hiver (tout en me demandant déjà si je ne vais pas les retourner dans une semaine, par caprice…). Le tout est de ne pas tomber dans la routine (le comble pour la 3A !).

Je ne referai pas de bilan, ce que je vous avais déjà infligé dans un article précédent. Et quand bien même j’en referais un, je tomberais dans le ridicule. Je suppose que vous n’avez pas besoin de savoir que mes pommes ont pris feu quand j’ai essayé de les ramollir à la poêle

Avec 10°C, je me demande comment m'habiller. Vais-je sortir en T-shirt ?

Avec 10°C, je me demande comment m’habiller. Vais-je sortir en T-shirt ?

Quant à l’anglais, si j’ai sans doute progressé dans la compréhension de l’anglais académique, je doute qu’il en soit de même pour mes compétences orales dans la vie courante. Invitez-moi pour vous expliquer la crise financière des années 1990 en Asie du sud-est (en anglais), mais surtout pas pour vous dire comment vous servir d’un grille-pain (en anglais).

Avant de conclure cet article, sachez que j’en veux à MM. Fillon et Copé (de l’UMP), à MM. Vingt-Trois et Barbarin (de l’Église de France), et à MM. Pébereau et Casanova (de la FNSP), d’avoir pourri cette fin de semestre. Jusqu’ici, les 3A parlaient surtout de leurs expériences de l’étranger, de la 3A, avec des photos… Maintenant, sur Facebook, c’est comme si tous les 3A étaient rapatriés en France et s’écharpaient pour savoir si les gays sont contre-nature, si la COCOE est un repaire de dyscalculiques, ou si Sciences Po va être dissoute avant la nomination d’un nouveau directeur. Je vous assure que c’est très désagréable : j’aurais presque envie de me couper intégralement de l’actualité française.

Comme dit en début d’article, en raison des révisions d’examen, le rythme de parution des articles va décroître pour les prochaines semaines. Restez néanmoins informés des aventures des 3A à travers les blogs référencés dans la rubrique « Ailleurs dans le monde » (plus d’une vingtaine de blogs : ça vous en fait de la lecture !).

PW

p.-s. J’avais prévu de vous montrer une vidéo. La vidéo est prête, mais Dailymotion a planté trois fois dans le chargement de la vidéo (la première fois mon ordinateur a redémarré sans crier gare, la deuxième fois la WiFi a disparu, la troisième fois j’ai accidentellement actualisé la page Web). Mais ce n’est pas tous les jours que la 3A a 100 jours… Tant pis, ce sera pour une prochaine fois.

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