Collection hiver

Nota : Non, je n’ai pas euthanasié mon blog après les examens finaux. [c’est juste qu’Internet a disparu de mon appartement et que les bibliothèques de McGill ferment pour les fêtes de fin d’année…]

Jamais je ne serai chroniqueur de mode. Jamais je n’ai aimé passer des après-midis entières à choisir des vêtements (ou plutôt : bien que cela assouvisse mes besoins de narcissisme, toujours j’aurais préféré consacrer mon temps à autre chose).

Et pourtant, j’ai passé une partie significative de mon mois de novembre à écumer les magasins de prêt-à-porter de Montréal. Car vos vêtements parisiens (ou ailleurs dans l’Hexagone, de Nancy à Poitiers et du Havre à Menton…) ne sont vraisemblablement pas faits pour supporter -10°C en décembre (et encore moins, -17°C si on considère le refroidissement éolien ; et de toute manière en janvier il paraît qu’il fait encore plus froid). Donc la case vêtements d’hiver est difficilement contournable.

Même si vous ne comptez pas tout acheter là-bas, faites-y au moins un tour pour vous faire une idée (Simons, métro Peel – rue Mansfield et rue Sainte Catherine ouest).

L’expérience ayant été plus amusante, je vous la fais partager. Cependant, en aucun cas ne prenez ce qui suit comme un modèle. Note : j’ai réalisé mes achats en m’appuyant sur les conseils dispensés par l’ISS (j’en parlais dans cet article). De haut en bas :

Le melon

Les parties les plus chaudes du corps humain sont la tête, le thorax et l’abdomen. Cependant, que je sache, vous ne couvrez pas votre tête sous un maillot, une chemise et un pull-over. C’est donc par-là que vous perdez beaucoup de chaleur.

La course au bonnet est lancée. Il faut que ce bonnet soit doublé d’une couche imperméable (que ce soit la couche externe ou la couche interne) ; le petit bonnet tricoté par Mémé ne tiendra pas le coup, l’air froid traversera la laine. Il faut aussi qu’il couvre bien la tête, ainsi que vos oreilles (sinon, vous aurez l’impression angoissante qu’elles tomberont telles des feuilles mortes refroidies) ; si les joues et la base de la tête sont couvertes, c’est tant mieux.

Il y a donc le bonnet classique, celui qui fait sportif (et qui couvre le crâne). Mais vous pouvez aussi opter pour une tuque, autrement appelée chapka ou ouchanka en français de France (pour ce qui est des schtreimels, à moins d’être haridim, casé, et fortuné, passez votre tour). Vous trouverez des fourrures de lapin, de lièvre, de renard, de ragondin…

Ayant eu pitié de nos amies les bêtes, je me suis reporté sur du synthétique. Ne coûtant déjà pas cher, la tuque d’H&M a été mise en rabais (-50%). Le résultat n’étant pas laid, je prends.

Avant, j'étais moche.

Avant, j’étais moche.

Les deux pieds gauches

Outre le froid, il faudra protéger vos pattes de l’humidité. Je veux parler de la slush (cf. article précédent) : cette neige fondue et gorgée d’eau, qui s’accumule dans les caniveaux, donnant aux passages piétons un petit air de rizière… (« Maman ! je n’ai plus pied ! » est une situation très courante au-delà de 3 mm d’accumulation d’eau)

Option 1 : je ramène les après-skis de France… mais c’est très grand et lourd, et vos pieds risquent d’étouffer.

Option 2 : j’achète les bottes. C’est l’option la plus répandue (et à vrai dire, la plus intuitive). Veillez à choisir des bottes imperméables, isothermes et pas trop lourdes.

Option 3 : j’achète des surchaussures (ou couvre-chaussures). Ce ne sont pas de vulgaires sacs à chaussures, ni les charlottes que vous enfilez en salle blanche ou bloc opératoire ; ce sont juste des chaussures étanches que vous enfilez par-dessus vos chaussures de ville. Quand vous entrez dans un milieu couvert, vous enlevez vos surchaussures et vous les rangez jusqu’à ce que vous remettiez le nez dehors.

J’ai préféré l’option 3. Un tour à Wal-Mart (à l’autre bout de Montréal, métro Namur sur le boulevard Décarie), et je repartais avec des surchaussures en caoutchouc – même texture que les cirés de pêche, sauf pour la semelle. Mais elles étaient si lourdes et peu pratiques que ça me dissuadait de les porter ; et bien souvent je préférais rester en baskets. Au bout de dix jours, j’ai préféré retourner (contre remboursement). Désormais, je porte de nouvelles surchaussures, souples et légères, puisqu’elles sont en tissu. Chez Canadian Tire.

Mes surchaussures : mettez vos pieds avec chaussettes et chaussures directement à l'intérieur.

Mes surchaussures : mettez vos pieds avec chaussettes et chaussures directement à l’intérieur.

L’échine, le ventre…

Le manteau. Pas une simple veste.

Dès octobre, certain(e)s de mes ami(e)s en 3A étaient parti(e)s en mission manteau. Pour ma part, j’ai tardé : la question ne s’est posée que lorsque mon manteau de ski français a commencé à faire léger.

Dans le métro, à l’université, dans les centres commerciaux, une grande partie des gens porte un manteau Canada Goose. Et dans la grande majorité, des manteaux très épais, pleins de duvet, avec une capuche surmontée de fourrure. (Même si vous trouverez les quelques têtes brûlées pour rester en anorak).

Mais quand on regarde les prix… on blêmit. Un manteau Canada Goose coûte au moins $500 (HT), et je n’ai vu aucun rabais (peut-être qu’en cherchant au-delà du centre-ville ça aurait pu se trouver, notamment sur Internet…). Le principal concurrent, The North Face, démarre à environ $320. S’il s’agit de très beaux manteaux qui tiennent très chaud et qui sont d’excellente qualité, on réfléchit deux fois avant de dégainer sa carte de débit pour ces chefs-d’oeuvre d’élégance nord-américaine.

Et là, surprise. Pendant le week-end du Black Friday (celui qui suit le Thanksgiving étatsunien, du 22 au 26 novembre en 2012), le magasin de prêt-à-porter Les Ailes de la Mode bradait ses articles. Je trouve un manteau, qui me paraît tout à fait semblable aux Canada Goose et assimilés, qui descend à la mi-cuisse, avec une capuche et de la (fausse) fourrure, et dont la marque (totalement inconnue pour moi) met en avant la qualité de son duvet, plumes à l’appui. Et il ne coûte que $125, écharpe offerte. Soit trois fois moins que les autres manteaux visés.

Hélas le résultat est très mitigé. Si le manteau n’est pas lourd, je le trouve assez fin comparé aux marques sus-nommées, et surtout : il perd – vraiment – beaucoup de plumes chaque jour ! À ce rythme, il faut prier pour que le manteau conserve suffisamment de duvet d’ici la fin avril (et bien entendu, qui dit braderie dit « pas de remboursement ni de retour »). La marque (Super Triple Goose – Canada Weather Gear) n’a d’ailleurs pas très bonne presse (voir ici et ).

En résumé, il faut un manteau avec plein de duvet, qui soit vraiment épais (vous aurez l’air d’avoir les bras musclés)… Mais si vous considérez que votre manteau ne doit pas valoir $500, des concessions s’imposent. Sachez aussi que tout manteau d’hiver (qu’il s’agisse du mien ou du haut-de-gamme), devra souvent être enlevé dès que vous entrerez en intérieur : sinon, au bout d’une minute, vous allez transpirer comme au sauna. Donc pensez aussi que vous devrez souvent le porter sous le bras…

Les Ailes de la Mode

Du temps où j’aimais encore mon manteau

Et le reste…

Pour l’instant je n’ai pas acheté de gants. Je garde mes gants français. Peut-être me résoudrai-je à m’en procurer d’autres…

L’écharpe était offerte avec mon manteau.

Et ne soyez pas tou(te)s nu(e)s sous votre manteau ! Même si les bâtiments sont très (trop) bien chauffés à Montréal, il convient de garder un pull, etc. (n’attrapez pas un rhume avec la climatisation de la bibliothèque !). Quand il fait vraiment froid (psychologiquement le « vraiment froid » commence à -10°C en ce qui me concerne), je porte un caleçon long sous le jean (bon, si vous trouvez que ce n’est pas sexy, appelez-ça un pyjama…).

Combien ça coûte ?

  • Manteau (& écharpe) : $125 – Les Ailes de la Mode (métro McGill, entre rue University et rue Sainte-Catherine ouest)
  • Tuque : $7.50 – H&M
  • Surchaussures (celles que j’ai gardées) : $69.99Canadian Tire

Ces prix s’entendent hors-taxes. Il faut y ajouter la Taxe sur les Produits et Services (5%) et la Taxe de Vente du Québec (9.5%).

Donc oui, il faut prévoir une ligne de budget « vêtements d’hiver ». Et encore, vous constatez que mon budget (TTC) n’a pas dépassé 250 dollars canadiens, autrement dit un plan très économe (eu égard aux indications qu’on m’avait données, jusqu’à $600 HT). À vous d’arbitrer entre contrainte budgétaire et étanchéité / isolation thermique… à moins que vous vous souciez d’esthétique : et il est parfaitement légitime de souhaiter avoir la panoplie canadienne. Et peut-être qu’en cherchant mieux que moi, vous trouverez un meilleur plan. (Il faut dire que les boutiques de la Rue Sainte-Catherine entre Peel et Place-des-Arts ne sont pas le lieu des prix bas…)

Le nec plus ultra, donc.

Sachez aussi que si vous partez en expédition polaire au Nunavut ou au Yukon, ce sont encore d’autres vêtements qu’il faut prévoir (bottes motoneige, manteau isotherme+++, etc.).

PW – the migratory martlet

En préparation : la bibliothèque, le métro

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