De l’Hudson au Potomac

Bonne année 2013 !🙂

WordPress proposait de publier un « rapport annuel » du blog, à l’instar de celui-ci, avec plein de données statistiques. Mais comme le rapport de migratorymartlet.wordpress.com contient des éléments sujets à discussion (notamment les mots-clés pour tomber sur ce blog), vous n’en saurez rien – pour l’instant.

La rentrée du deuxième semestre aura lieu le lundi 7 janvier. Mes vacances prennent fin donc ce week-end. Sans plus attendre, voici un (trop court et non-exhaustif) aperçu de ce que j’ai fait depuis le 24 décembre, pour définitivement clore ce voyage formidable. Pour faciliter la lecture (d’un article qui reste quand même plus long qu’à l’accoutumée), des sections structurent le récit.

Les oies du Capitole. (Nous ne sommes pas à Rome)

Les oies du Capitole. (Nous ne sommes pas à Rome)

1. Cadres spatio-temporels

  • Le 24 décembre, je me suis envolé pour New York. J’y suis resté jusqu’au 29 décembre, même si j’en ai profité pour me rendre à Princeton et à Philadelphie.
  • À partir du 29 décembre, j’étais à Washington DC (que j’ai quitté le 2 janvier).

Plus de détails dans la dernière section de cet article.

2. New York

2.1. Modalités pratiques

Il se trouve qu’un de mes grands-oncles (i.e. le frère cadet de ma grand-mère paternelle) habite à New York, sur l’île de Staten Island. Il était déjà prêt à me recevoir, alors que je prévoyais de passer ma 3A à New York. La DAIE en a décidé autrement, mais Montréal n’était pas non plus le bout du monde. Mon grand-oncle m’a donc invité à passer quelques jours chez lui.

Instant que-je-suis-à-plaindre : Corollaire de sa gentillesse excessive, mon grand-oncle a dû penser que j’avais un appétit gargantuesque, au vu des repas qu’il me proposait.

Être à Staten Island a ses avantages et ses défauts. Les défauts : pour se rendre à Manhattan (où se trouvent les points d’intérêt), il faut emprunter un ferry à St. George Terminal qui traverse la baie de New York en 25 minutes, puis prendre un métro depuis l’extrême sud de Manhattan. Les avantages : Staten Island est très résidentiel, donc très calme (alors qu’on n’est qu’à quelques encablures du Financial District !) ; et le ferry, en plus de passer devant la Statue de la Liberté, offre une vue imprenable sur Manhattan et les ponts (Brooklyn et Verazzano).

2.2. Noël à Brooklyn

Atterrissant le 24 décembre au soir, j’étais invité à dîner chez la fille de mon grand-oncle (= ma tante au deuxième degré ?) et son mari (= mon oncle par alliance au deuxième degré ?). Après un repas fort copieux, mon grand-oncle et moi-même avons été raccompagnés en voiture, traversant les zones pavillonnaires de Brooklyn. Je n’ai pas pris de photo, mais croyez-moi sur parole : les décorations de Noël des maisons n’étaient pas seulement magnifiques. Elles étaient dans la surenchère, chaque voisin rivalisant à coups de guirlandes de LED multicolores, de bonhommes de neige mobiles, de chaînes hi-fi diffusant We Wish You a Merry Christmas dans le jardin… Il ne fallait pas être grincheux devant cette débauche de décorations extravagantes !

Quand on croise un autre ferry (qui, lui, va vers Staten Island)

Quand on croise un autre ferry (qui, lui, va vers Staten Island)

2.3. Que faire un 25 décembre ?

Ce séjour à New York était fait pour voir ce qui ne l’avait pas été lors de mon passage en octobre. Or, entre temps, l’ouragan Sandy a fait des siennes. Ainsi, la Statue de la Liberté et Ellis Island sont totalement fermés au public jusqu’à nouvel ordre, en attendant que des travaux de restauration soient complétés. Comme ces îles ne sont plus desservies par les transports, le seul moyen de s’en approcher… est le ferry de Staten Island (que je prends matin et soir !).

Par ailleurs, même si New York n’est pas trop à plaindre, le 25 décembre est synonyme de lieux fermés (ça reste un Federal Holiday). Que faire alors ?

Revenir dans le Financial District. Passer devant le New York Stock Exchange (dans la célèbre Wall Street), ainsi que devant le siège de la Federal Reserve of New York. Sous ce dernier bâtiment se trouve l’une des réserves d’or les plus grandes du monde, 28 mètres sous le niveau de la mer. Le bâtiment en soi était plutôt austère, ressemblant à un coffre-fort.

Se rendre autour du Flatiron Building, au croisement de la 5th Avenue et de Broadway. Ce n’est pas seulement l’immeuble à base triangulaire qui mérite le détour : le parc adjacent (Madison Square) offre aussi une belle vue sur l’Empire State Building.

Une patinoire à Central Park

Une patinoire à Central Park

Se promener au Central Park. Je l’avais déjà visité, mais au pas de course. Là, j’ai pu me perdre au gré des allées et mieux faire connaissance avec l’endroit. En particulier, j’ai trouvé une obélisque, une patinoire sur un étang, une statue d’Alice au Pays des Merveilles ; le tout au détour d’une promenade dans un parc gris et gelé, mais qui n’avait pas perdu de son attrait.

Faire un tour au Rockefeller Center. À éviter à tout prix si l’on est ochlophobe. Il devait bien avoir 20 personnes au mètre carré (la fête du « vrai travail » de Sarko le 1er mai 2012 c’était de la gnognote). Mais cela valait le coup d’être compressé. Le lieu, déjà majestueux, devient tout simplement magique le soir de Noël : avec l’immense sapin, la patinoire sous la fontaine de Prométhée, et les illuminations (notamment le show son-lumière projeté sur les bâtiments de la 5th Avenue). En revanche, je n’ai pas eu le temps de monter par la suite dans le gratte-ciel (et quant aux photos, elles sont trop laides par rapport à la réalité pour être montrée).

Tenter un DSK-tour. Ne me blâmez pas pour ce mauvais goût ; de toute manière je n’ai pas pu le mener à bien. D’abord, arrivé près du City Hall, j’ai cherché en vain le perron de tribunal où les femmes de chambre syndiquées ont vociféré contre Dominique S.-K. et Anne S. Puis, dans le quartier de TriBeCa, je n’ai pas trouvé la désormais célèbre maison au confort certain et au loyer conséquent (j’avais griffonné Franklin Street mais oublié le numéro). Enfin, le Sofitel devait être bien caché, car je ne l’ai pas trouvé non plus.

Dans la série je-n’ai-pas-trouvé, je recherche une boutique vendant des cupcakes dans SoHo. Pas trouvé non plus.

En revanche, si vous souhaitiez visiter la New York Public Library, vous auriez trouvé porte close. J’y suis allé le 27 décembre.

2.4. Le Metropolitan Museum of Art – le MET

Il y avait trois musées « à-faire » : le MET, le MoMA (Museum of Modern Art) et le Solomon Guggenheim Museum (celui construit selon les plans de Frank Lloyd Wright en forme de mollusque à spirale, que l’on voit dans une scène de Mr Popper et ses pingouins). J’ai opté pour le « moins coûteux » : le MET est gratuit mais propose que les visiteurs fassent une contribution ($12 pour les étudiants). Ça, c’est la théorie ; en pratique, il vous faut obtenir un billet et une épinglette pour voir les collections, donc passer devant une guichetière qui attend de vous une pleine contribution (à vous d’être assez malin pour ne pas laisser trop d’argent).

Parce qu'il faut traverser l'Atlantique pour voir la Montagne Sainte-Victoire de Paul Cézanne.

Parce qu’il faut traverser l’Atlantique pour voir la Montagne Sainte-Victoire de Paul Cézanne.

Une fois dans le musée, on pourrait y passer des jours entiers. Moi-même, je reste frustré de ma visite qui a duré une journée. Il y en a pour tous les goûts : le MET tient à la fois du Louvre, du musée d’Orsay, du musée des Arts décoratifs et du quai Branly (avec quelques salles proches du centre Pompidou et du musée Guimet). Les salles d’exposition s’enchaînent, dans toutes les directions. Un syndrome de Stendhal en plein New York.

Vous aimez un peu les éphèbes hellénistiques ? Il y en a. Vous aimez beaucoup l’art précolombien (maya de surcroît) ? Il y en a. Vous aimez passionnément la Danseuse de Degas ? Elle vous y attend. Vous n’aimez pas du tout le mobilier japonais ? Vous saurez l’éviter tout en ayant une visite bien remplie du MET. N’oubliez pas de charger à fond votre appareil photo ; ça évitera qu’il tombe à plat (je dis ça, je ne dis rien).

La Grèce archaïque. <3

La Grèce archaïque.❤

Instant qu’ils-sont-bêtes : devant une frise assyrienne où les personnages sont montrés de profil, un garçon demande à sa mère « why is he playing Gangnam Style? »

Malgré trois appels sonores, j’avais pris le parti de « jouer la montre » et d’essayer de me laisser enfermer dans le musée après 17:30. Manifestement je n’étais pas seul à avoir eu cette idée : bien que clairsemée, la salle des frises murales égyptiennes était encore bien trop remplie. Ça devait se voir, car dès 17:31 les vigiles ont gentiment mais fermement poussé les visiteurs retardataires vers la sortie.

3. Intermèdes

3.1. In the Orange Bubble

Après Morgane et Johan, je continue de rendre visite à d’autres étudiants de 3A. Je prends donc le train du NJ Transit ; en une heure et demie (et un changement du train vers une navette ferroviaire), me voilà à Princeton University, où étudie Sixtine.

Fin décembre, le campus est vidé de ses étudiants (même si, contrairement à McGill, il n’est pas complètement fermé). Néanmoins, Sixtine a pu me faire visiter les lieux, de la chambre où elle habite jusqu’au stade, en passant devant les cloîtres imitant le style gothique et les eating houses (non, ce ne sont pas des maisons où l’on s’empiffre à longueur de journée). Le tout conclu par un apple cider.

3.2. Philadelphia (ce n’est pas le fromage)

S’il est une ville qui est d’intérêt historique dans le Nouveau Monde, c’est Philadelphie. J’ai donc consacré une (courte) journée au « tourisme constitutionnel ».

Cela commence avec l’Independence Hall (où le guide fait usage du syllogisme suivant : « this is the no. 1 place of the US, and the US is the no. 1 country of the world, therefore this is the no. 1 place of the world »). Les délégués des treize colonies britanniques, réunis en Congrès continental, y ont débattu en 1776 sur une déclaration qui devait devenir la Déclaration d’Indépendance des États-Unis, rédigée par Thomas Jefferson et défendue par John Adams. Plus tard, en 1787, ces mêmes délégués ratifieraient la Constitution des États-Unis, avec le général Washington présidant la Convention.

Ici respire l'esprit de la Déclaration d'Indépendance et de la Constitution.

Ici respire l’esprit de la Déclaration d’Indépendance et de la Constitution.

On continue avec les bâtiments attenants : le Carpenters’ Hall (où le premier Congrès continental s’est réuni), mais aussi le bâtiment de la Seconde Banque des États-Unis, où vous verrez sur quelques dizaines de mètres carrés les portraits de la plupart des protagonistes de la Révolution américaine et des premières années de la nouvelle nation. Pour plus de précisions sur le rôle de la Première Banque des États-Unis et de la Seconde Banque des États-Unis, je vous recommande la lecture du chapitre 1 de 13 Bankers de S. Johnson et J. Kwak, ainsi que du chapitre 5 d’A Short History of Financial Euphoria de J. K. Galbraith.

Enfin, et c’est là que la virée à Philadelphie devient drôle : le National Constitution Center. Pour faire simple, c’est un temple consacré à la Constitution des États-Unis. Après un spectacle de son et de lumières (où une comédienne déclame son amour de la Constitution et son patriotisme à coups de We The People… j’ai entendu des Français derrière moi se demander si « la dame [n’était pas] complètement cruche »), on passe à une exposition qui continue de chanter les louanges de la Constitution, le son en moins. Tout payant qu’il soit, le musée vaut le détour : vous sortirez en connaissant les moindres détails de l’histoire constitutionnelle étatsunienne, des débats fondamentaux lors de la rédaction de la Constitution à la jurisprudence de la Cour suprême, en passant par les amendements. Et vous pourrez prendre des photos avec Alexander Hamilton (elle n’est pas belle la vie ?).

Moi avec tout plein de gens (dont Benjamin Franklin au premier plan).

Moi avec tout plein de gens (dont Benjamin Franklin au premier plan).

Si vous êtes pressés, ne perdez pas votre temps à entrer dans le cimetière où est enterré Benjamin Franklin ; on vous demanderait $2 pour voir une tombe illisible. Dans une moindre mesure, la Liberty Bell « n’est qu’une cloche fêlée » (au sens propre), faire plusieurs dizaines minutes de queue n’est peut-être pas le meilleur plan.

Le temps ne m’a pas permis de visiter le City Hall et sa tour, ni le temple maçonnique (qui donne pignon sur rue) ; j’aurais aussi aimé voir les autres quartiers de Philadelphie, notamment ceux autour de l’University of Pennsylvania et des galeries d’art.

4. Washington D.C.

4.1. Modalités pratiques

J’ai résidé chez Moaad, étudiant de l’École de Gouvernance et d’Économie de Rabat, en échange à l’American University. Pour me rendre au centre-ville de Washington, je prends un bus qui suit la Massachusetts Avenue, c.-à.-d. l’avenue où s’alignent les ambassades et autres résidences diplomatiques.

4.2. The Legislative Branch and the others

Washington, lieu(x) du pouvoir fédéral. J’avais prévu de visiter ces lieux. Mais j’ai manqué de temps pour la Cour suprême (dont la façade est sous échafaudages pour rénovation) ; tandis que la Maison Blanche (qui est aussi sous échafaudages en raison des préparatifs de l’Inauguration Day pour la fin janvier 2013) ne m’était pas accessible, puisque l’ambassade de France n’est pas en mesure de délivrer de laissez-passer aux ressortissants français jusqu’à nouvel ordre.

Reste donc The Capitol Hill : le Congrès, et ses deux chambres (le Sénat et la Chambre des représentants). N’y entre pas qui veut : outre les restrictions sur la taille des sacs, j’ai dû jeter une bouteille d’eau encore scellée, tandis que Moaad n’a pas pu entrer (ne pouvant raisonnablement jeter les fruits qu’il venait d’acheter au supermarché). La visite officielle et guidée du Capitole reste surtout d’ordre artistique : on n’y voit « pas grand chose », à part la crypte et le dôme. Tout juste a-t-on pu passer devant la porte du bureau du Speaker de la House of Representatives, John Boehner (dont on a beaucoup parlé, cf. deux paragraphes plus bas). Pour le reste, vous verrez les statues de nombreux politiciens étatsuniens, ainsi que des tableaux d’un style pompier sous le dôme.

Vous ne savez pas à quel point il faisait beau. Et FROID.

Vous ne savez pas à quel point il faisait beau. Et FROID.

À ce stade on pourrait confondre le Capitole avec une pinacothèque. Mais c’est oublier qu’on peut assister aux séances plénières des chambres (pour les visiteurs non-américains, s’adresser à l’appointment desk pour retirer des laissez-passer). J’ai donc obtenu un laissez-passer pour le Sénat, un autre pour la Chambre des Représentants. Et là : immense déception. D’abord, je ne vous ai rapporté aucune photo puisque les appareils photos étaient prohibés et remisés au vestiaire. Puis, les galeries sont plus faites pour des visiteurs admirant le plafond que des citoyens suivant attentivement les débats.

Enfin et surtout, les deux chambres étaient quasiment désertes. Au Sénat, seule la sénatrice républicaine du Texas, Kay Bailey Hutchison, était présente ; elle lisait manifestement un discours d’adieu à l’intention de ses collègues (absents), désespérant de lieux communs (« democracy is the worst form of government except for all the others« , ou bien l’histoire du militaire estropié par la guerre en Afghanistan et qui brûle d’envie de retourner au front). Du côté de la Chambre des représentants, c’est encore plus simple : il n’y avait personne.

Et pour cause : je visitais le Capitole le 31 décembre, à quelques heures seulement du « mur budgétaire » (le désormais célèbre fiscal cliff). Si à minuit, le Congrès n’était pas en mesure de présenter une feuille de route en matière de réductions de dépenses et de hausses de recettes publiques, l’État fédéral serait déclaré en cessation de paiement et procéderait automatiquement à des coupes sèches. Sous pression, les congressistes ont donc préféré les réunions en petit comité aux amabilités de plénière, négociant sec jusqu’à la dernière minute pour arracher un accord entre républicains et démocrates.

4.3. Le souvenir des mémoriaux

La partie occidentale du National Mall, la grande perspective de Washington, n’est qu’une succession de mémoriaux (pluriel de mémorial). Ainsi, en plein cœur de Washington, vous trouverez cette pelouse, rythmée par des reflection pools, comme un trait d’union entre ces lieux du souvenir de l’histoire des États-Unis.

Il y a déjà le Washington Monument, immense obélisque qui se dresse dans l’alignement du Lincoln Memorial et du Capitole, au niveau de la Maison Blanche.

Le Lincoln Memorial

Le Lincoln Memorial

Puis, justement, le Lincoln Memorial, à l’extrême ouest du National Mall. Moaad et moi étions d’accord pour appeler ça un temple rendant un culte de la personnalité, en ce qu’il a de gênant : dans ce temple à l’antique, une gigantesque statue en marbre blanc d’Abraham Lincoln se dressait, avec des extraits de ses discours gravés sur les hauts murs. Il ne manquait que l’autel à la gloire du président assassiné. (Qu’on se comprenne bien : je n’ai rien contre Abraham Lincoln !)

Entre le Washington Monument et le Lincoln Memorial, se trouvent de part et d’autre du plan d’eau des monuments dédiés aux grands personnages ou aux soldats. Ainsi du côté sud on trouvera le Martin Luther King Jr. Memorial et le Franklin Delano Roosevelt Memorial. Le premier réaffirme l’égalité des citoyens dans un même pays, le second rend hommage au président qui, tout infirme qu’il était, a pu redresser économiquement les États-Unis et gagner la guerre contre les totalitarismes. Au nord, c’est le Vietnam Veterans Memorial qui compile le nom de plus de 50.000 noms de soldats américains morts ou disparus, sur un mur noir (pour localiser des personnes, des rangers pourront chercher dans un annuaire).

Eleanor Roosevelt

Eleanor Roosevelt (au Roosevelt Memorial)

De l’autre côté du fleuve Potomac se trouve le cimetière d’Arlington. Autant vous dire que c’est d’abord un cimetière ; donc vous y verrez (que) des tombes, ainsi que la demeure de Robert Lee (un sudiste qui habitait sur la rive sud du Potomac lors de la guerre de Sécession). Le principal attrait du cimetière est qu’y reposent John F. Kennedy, son épouse Jacqueline, leurs deux enfants morts en bas-âge, et ses frères Joseph, Robert et Edward (par ordre de naissance et de décès). Le silence est de mise, troublé par le bruit du gaz qui alimente la flamme sur la tombe du couple présidentiel.

Les tombes militaires (blanches) indiquent la religion des personnes enterrées : j’ai été surpris de l’écrasante majorité de chrétiens (qu’on devine par la rareté d’étoiles de David et la quasi-absence d’autre symbole religieux). Il n’y a pas que des militaires qui sont inhumés à Arlington : des personnalités publiques y reposent aussi. Enfin, il y a la tombe des soldats inconnus, ainsi que des monuments en mémoire des astronautes morts en mission. Sur le plan pratique, veillez bien à prendre un plan au Visitor Center avant de commencer votre visite : ayant oublié cette étape, je n’ai pas trouvé ce que je voulais voir et je me suis même perdu (les panneaux Exit étant cruellement rares).

4.4. Les musées de la Smithsonian Institution

La bonne surprise de Washington D.C., ce sont ses musées, pour la plupart gratuits, et rattachés à la Smithsonian Institution. Ils sont situés dans la partie orientale du National Mall (vous vous souvenez ! la grande pelouse entre le Capitole et le Lincoln Memorial !). J’ai ainsi visité le National Museum of Air and Space et le National Museum of American History.

Le National Museum of Air and Space ressemble beaucoup à son confrère du Bourget (en Seine-Saint-Denis). On y trouve des reconstitutions de station orbitale comme des cockpits d’avion de ligne, en passant par les reliques des missions Apollo.

Le National Museum of American History renferme les collections de l’histoire politique, sociale et technique du pays. C’est là que vous verrez (pêle-mêle) : une exposition à la gloire de Thomas Edison ; une autre sur les habitudes alimentaires aux États-Unis (me confirmant que les OGM sont légion chez les Yankees et que le torchon brûle entre fanatiques de l’organic et amateurs de snack) ; les objets des American Stories (de la robe de Madeleine Albright à la marionnette de Kermit), ainsi qu’une série de salles sur la présidence américaine.

4.5. Ailleurs à DC

Le National Zoological Park dépend aussi de la Smithsonian Institution et est gratuit, en conséquence. Brûlant d’envie de m’y rendre depuis mes 6 ans, je m’y précipite pour rendre visite aux deux stars : le couple de pandas géants prêté par la Chine, Mei Xiang et Tian Tian. Certes. Mais les deux pandas étaient dans la position la moins avantageuse qui soit : ils s’étaient réfugiés dans leur abri (à l’intérieur, derrière des vitres), dormaient… et manifestement venaient de « faire leur grande commission » (d’après les boudins vert clair). Tant pis. Je les préférais dans les documentaires de France 5. De toute manière, j’étais arrivé trop tard pour voir les autres animaux. Mais j’ai pu profiter des illuminations ZooLight : quand le jour tombe, les visiteurs affluent pour voir ces décorations d’hiver ! C’est alors que je me suis demandé si toutes ces LED qui clignotent ne rendaient pas les animaux fous… (et aussi : je crois avoir vu des rats dans les cages des gorilles…)

En mémoire du bébé panda, né à Washington mais qui n'a pas survécu plus d'une semaine.

En mémoire du bébé panda, né à Washington mais qui n’a pas survécu plus d’une semaine.

Parlons maintenant des « autres pouvoirs », au-delà de l’Executive Branch, de la Legislative Branch et de la Judiciary Branch. Un musée est consacré au « quatrième pouvoir », j’ai nommé les médias. C’est le Newseum. Certes, il est payant, et il l’est au prix fort (presque $19 pour un étudiant). Mais Sixtine comme Moaad me l’avaient recommandé. Et effectivement, il vaut le détour. Pour sa vue imprenable sur le Capitole. Pour son actualité : il affiche les unes de dizaines de journaux du monde (dont Libération et le Courrier picard pour les journaux français). Pour la variété des thèmes couverts : de la couverture des campagnes présidentielles étatsuniennes à la liberté de la presse dans le monde. Pour son aspect interactif : ce n’est pas un simple musée où vous regardez, la zone médias internet vous demande de mettre la main à la pâte !

"You've cited Alaska's proximity to Russia as part of your foreign policy experience. What did you mean by that?"

Les notes de Katie Couric pour l’interview de Sarah Palin sur CBS. « You’ve cited Alaska’s proximity to Russia as part of your foreign policy experience. What did you mean by that? »

Ce n’est pas un « cinquième pouvoir », mais on ne saurait l’ignorer : les institutions financières nationales et internationales. Je suis ainsi passé devant la Réserve Fédérale des États-Unis (coucou Ben !), devant le Fonds Monétaire International (coucou Christine !) et devant la Banque Mondiale.

(Et à noter : le siège du FBI a indiqué à sa porte : « no public tours« ).

5. Plus transversal : quelques remarques futiles et autres comparaisons douteuses

De toute évidence, Washington est une ville administrative. J’ai pu le constater en prenant le bus sur la Massachusetts Avenue, bordée d’ambassades. J’ai pu le constater via la grande propreté des rues et du métro. J’ai pu le constater à l’aspect visuel de la ville : de larges rues plantées d’arbres, des immeubles au style solennel et des esplanades. J’ai pu le constater au style vestimentaire chic des habitants de Washington (qui tranche avec ce que j’ai pu voir ailleurs, notamment à Montréal et à New York). J’ai surtout pu le constater à la rareté des points de restauration rapide au centre-ville de Washington (véridique : dur dur de trouver un endroit où manger sur le National Mall) !

Au contraire, il est très facile de déjeuner à Philadelphie ou à New York. Mais niveau propreté et niveau esthétique, New York devra s’améliorer (le centre de Philly est plutôt clean).

L’espagnol constitue véritablement une deuxième langue nationale aux États-Unis. Quelle n’a pas été ma surprise quand j’ai vu à l’aéroport de Newark que les instructions officielles à la douane étaient données en anglais et en espagnol. Idem quand, dans les différents réseaux de transport public urbain, j’ai vu tous les panneaux traduits en espagnol. Mais l’espagnol ne m’est d’aucun secours.

Les musées que j’ai visité étaient des « must » (à l’exception du Newseum). Ils en ont les qualités et les défauts. S’ils possèdent de véritables chefs-d’œuvre, ils sont emportés dans la tentation « collectionniste » : les pièces d’art et autres objets d’intérêt s’alignent en collection ; mais il n’y a pas de véritable « histoire » qui est présentée. Comme le Louvre, le Musée d’Orsay et les autres musées mondialement connus, et qui sont construits selon ce paradigme collectionniste.

Je me plains des quelques fermetures liées au 25 décembre et au 1er janvier. Mais en France, ça aurait été tout qui aurait été fermé, pendant l’intégralité de la période des fêtes de fin d’année.

De même, j’ai trouvé que les Américains avaient une relation à leur Constitution (et à leur vie politique et constitutionnelle) proche du fétichisme ; mais c’est sans doute dû au fait que j’ai fait d’un coup Philadelphie et Washington, et surtout que j’ai fait le choix de visiter l’Independence Hall, le National Constitution Center, le Lincoln Memorial et le Capitole en trois jours. De même, j’ai peut-être entendu parler d’Abraham Lincoln un peu trop souvent en quelques jours. Toutefois, je maintiens que cela a pris des proportions presque alarmantes, quand je réentends la voie émue de la comédienne chantant son amour des Pères fondateurs (Jefferson, Hamilton, Franklin…), et quand je revois les « pélerins » se rendant sur le site du mémorial à la gloire d’A. Lincoln.

Il reste encore trop de choses que j’ai manquées dans ces trois villes, mais pour cette fois-ci je ne suis pas trop frustré (à part pour les pandas qui faisaient popo).

6. D’autres modalités pratiques

6.1. Trajets internationaux

Pour les trajets Montréal → New York (Newark) et Washington (Dulles) → Montréal, j’ai pris l’avion avec la compagnie Porter. Coup de chance : les vols m’ont coûté environ $200 seulement (en tout). Ils incluaient à chaque fois une escale à l’aéroport Billy-Bishop à Toronto.

Les vols ont duré entre une heure et une heure et demi. La compagnie au raton-laveur a adopté une politique flexible sur les bagages : vous pouvez choisir de ne pas enregistrer vos bagages, et de les garder avec vous jusqu’à l’embarquement ; juste avant de monter dans l’avion, vous les confiez au service GatePorter qui les met en soute ; et vous récupérez vos bagages dès l’atterrissage, avant de repartir vers l’aérogare, ce qui est un gain de temps appréciable (ceci requiert qu’ils passent au contrôle scanner). Les avions sont des Bombardier Q400, autrement dit un tout petit avion dont l’intérieur ressemble plutôt à un bus (moi qui me suis habitué aux long-courrier en A340, j’ai été surpris, presque effrayé). Enfin, l’aéroport-hub (Billy-Bishop) est aussi très singulier : cet aéroport, quasiment situé en centre-ville de Toronto, n’est presque exploité que par Porter ; dans les salles d’embarquement, vous trouverez des buffets où vous pouvez vous servir en cookies et cannettes, le tout gratuitement.

Un avion Porter à l'aéroport Billy Bishop de Toronto.

Voici l’oiseau. Un avion Porter à l’aéroport Billy Bishop de Toronto.

Pour autant, je ne peux pas du tout donner un satisfecit à la compagnie aérienne. Les reproches visent surtout un double discours ; je donnerai deux exemples.

  • Par téléphone, on m’avait confirmé (deux fois) que je n’aurais pas besoin de formalité particulière pour entrer sur le territoire américain, si ce n’est de transporter mon passeport français. Cependant, un ami m’a alerté deux jours avant sur la procédure ESTA, exigée pour les citoyens français qui se rendent aux États-Unis par voie aérienne ; par acquis de conscience, je fais une demande ESTA en ligne et obtiens une réponse favorable. Le jour de mon départ, à l’aéroport, je redemande (une troisième fois donc) si j’ai juste besoin. Et ce n’est que là que Porter se met à évoquer ESTA, procédure effectivement obligatoire.
  • Dans mon vol retour, je n’ai que 50 minutes d’escale à Toronto. Mais pas grave ! Par téléphone (toujours), un standardiste de Porter me confirme (deux fois) que ces 50 minutes étaient « largement » (sic) suffisantes. Et pourtant. Même avec un avion qui a atterri en avance sur son horaire, même en courant, j’ai failli rater mon deuxième vol.

6.2. Trajets domestiques

Pour me rendre à Princeton, j’ai emprunté le réseau du NJ Transit, depuis Penn Station à New York. Un changement à Princeton Junction pour le Dinky (sorte de tramway) et le tour est joué.

Mais c’était l’exception des tarifs fixes. La règle générale dans le ferroviaire étatsunien, c’est Amtrak et ses tarifs variables (souvent prohibitifs : plus de $100 pour New York → Philadelphie). Donc je me suis tourné vers le bus pour les trajets New York → Philadelphie, Philadelphie → New York, et New York → Washington D.C..

Après avoir consulté quelques articles un peu effrayants sur les bus exploités par des sociétés implantées au Chinatown de New York, je me suis tourné vers une valeur « sûre » du bus nord-américain : Greyhound. $15 pour se rendre à Philadelphie en 2 heures, $35 à Washington en 4 heures, à partir de Times Square, sont des prix raisonnables. En plus, vous bénéficiez de la WiFi et de prises électriques. Enfin, sur le papier. En réalité, j’ai eu le malheur de me trouver à chaque fois sur un siège sans prise électrique. Donc ouvrez l’œil, si vous ne voulez pas que votre ordinateur tombe en rade ! (Et c’est aussi là que tu te rends compte de l’urgence de l’obésité, quand ton voisin de bus est obèse)

6.3. Autres détails pratiques

J’ai parlé de la procédure ESTA (Electronic System for Travel Authorization) : elle est obligatoire si vous bénéficiez de l’exemption de visa (= si vous avez un passeport français) et que vous entrez sur le sol américain par avion. Tout se fait en ligne ; l’autorisation (délivrée électroniquement presque instantanément) est valable 2 ans.

Toujours sur le transport, mais cette fois urbain, sachez qu’à Philadelphie on peut raisonnablement parcourir les distances à pied. À New York, le pass 7 jours de la MTA à $29 est définitivement le meilleur plan si vous savez que vous prendrez régulièrement le métro sur plusieurs jours. Quant au ferry entre Manhattan (South Ferry Terminal) et Staten Island (St. George Terminal), il est gratuit et les rotations ont lieu tous les quarts d’heure ! Mais à Washington, un tel forfait illimité n’existe pas du tout ; j’ai donc acheté une SmarTrip, i.e. une carte qui était débitée à chaque trajet (et qui devait être rechargée en valeur).

Manhattan vu depuis la passerelle du Staten Island Ferry.

Manhattan vu depuis la passerelle du Staten Island Ferry.

C’étaient des vacances couchsurfing : plutôt que d’aller en youth hostel (un peu cher) ou à l’hôtel (très cher), j’ai été logé gratuitement, par une personne que je connais ou par un membre de ma famille.

Si vous retirez des liquidités en dollars américains, préférez les petites coupures, car bien souvent les billets de $50 voire $100 sont juste inutilisables. (Et si vous profitez du partenariat HSBC avec Sciences Po, sachez qu’en-dehors de New York, les succursales HSBC sont très rares !)

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