En hiver on travaille

L’add-and-drop period du semestre d’hiver s’est terminée mardi à minuit (après vérification : le minuit de la fin de journée). Comme en automne, je vous présente les cours qui m’occuperont jusqu’à la fin du mois d’avril :

Choice is now

Plusieurs jours avant la fin de l’add-and-drop period, le paysage était encore très différent.

POLI 361 – Political Participation in Comparative Perspective (Dietlind Stolle). C’est l’un des très rares cours de science politique de McGill qui n’ait trait ni à la théorie politique ni aux relations internationales. On y étudie les différentes formes de participation politique, du vote aux mouvements protestataires, leurs facteurs et leurs évolutions. L’enseignante vient d’Allemagne de l’est ; pendant ses études, elle a couvert pour la radio la réunification allemande, avant de poursuivre ses études à Princeton. Pour nous faire participer, elle use de la technologie, en nous montrant des vidéos, en nous demandant d’utiliser des clickers (voir plus bas)… et même en tolérant explicitement Facebook en cours (!)

ISLA 210 – Muslim Societies (Laila Parsons). C’est un cours introductif aux Islamic Studies et aux Middle East Studies, bien qu’ouvert à tous (notamment les néophytes comme moi). Plutôt que de tenter de couvrir toute la région, on étudiera des « moments » clés de l’histoire moderne de trois sociétés musulmanes : l’Égypte, la Palestine et l’Iran. Par exemple, nous avons lu des extraits de l’autobiographie al-Ayyam de Taha Hussein, un intellectuel égyptien libéral du début du XXe siècle. Ce cours est transversal et s’intéresse à des sources directes. C’est une bonne surprise de l’add-and-drop, car je n’avais absolument pas pensé à suivre ce cours avant de m’y rendre presque par hasard.

ECON 347 – Economics of Climate Change (Isabel Galiana). C’est une suite logique de mon parcours après COP-RW et Paris+20, et un cours d’Histoire de l’environnement. Je voulais disposer des outils de la science économique pour pouvoir appréhender les politiques du climat (dont je parle depuis longtemps sans très bien savoir de quoi je parle). Cours d’économie, ECON 347 s’associe donc à la climatologie et aux politiques publiques. Cela étant, il s’agit d’un domaine émergent en économie (et a fortiori encore mal accepté dans le monde académique). Enfin, pour caricaturer, sachez que dans un paper que j’ai lu, l’auteur concluait que la réduction des émissions conduisait à une hausse des émissions in fine (?).

ECON 314 – Economic Development 2 (Tzvetana Rakovski). C’est un cours plus classique (par rapport aux trois premiers), sur l’économie du développement : les sources de la croissance économique et ses mesures, des modèles (Solow, Romer…) et des études de cas dans les pays en développement, et une critique vis-à-vis de la mesure du bien-être. Je n’ai pas suivi le cours Economic Development 1, pire encore je n’ai pas suivi les premières séances pendant la première semaine d’add-and-drop (pour en tester d’autres, voir plus bas). Cependant, cette semaine nous avons comparé l’IDH et le PIB (HDI et GDP en anglais), donc je ne pense pas que cela me portera vraiment préjudice.

Visuellement, voilà ce que ça donne :

Mon emploi du temps, ce semestre.

Mon emploi du temps, ce semestre.

Ont été sacrifiés, ce semestre (dans l’ordre des codes, avec plus ou moins de regrets et pour des raisons diverses) :

  • ANTH 210 – Archeology of Early Cities
  • ANTH 339 – Ecological Anthropology
  • ECON 310 – Introduction to Behavourial Economics
  • ECON 341 – Economic History of a World Area: Europe, 500-1914
  • ECON 344 – Industrial Revolution and Economic Development, 1700-1914
  • HIST 327 – Age of the American Revolution
  • HIST 338 – Twentieth-Century China
  • HIST 362 – Byzantine History and Historiography
  • POLI 321 – Canadian Public Policy
  • POLI 365 – Democratic Theory
  • SOCI 461 – Quantitative Data Analysis

Pour certains cours, c’était une position désespérée sur waitlist (#19 la veille de la deadline). Pour d’autres, c’était un conflit horaire fatal (ANTH 210 était exactement à la même heure qu’ECON 310 et ECON 314). Bien entendu, le fait que j’ai apprécié un cours – ou pas (sur la base du syllabus ou du premier cours) a joué.

En revanche, une très mauvaise raison d’éliminer certains cours tenait presque de la « défense des acquis sociaux ». Au semestre dernier, pour la première fois de mes études, je n’avais cours que du lundi au jeudi, ayant ainsi un week-end de trois jours, de façon fortuite (je n’avais pas spécifiquement cherché à ce que cela arrive). Mais une fois qu’on s’y est habitué, difficile d’admettre qu’on puisse « revenir en arrière ». Donc j’ai défendu mordicus « mon droit au week-end de trois jours », et y suis parvenu. (pas comme pour la retraite à 60 ans)

De toute façon, je ne bois pas, je ne fume pas.

Niveau « required readings », si le volume n’a pas brusquement augmenté, le caractère obligatoire des lectures a été renforcé.

  • Dans un cours, au plus tard deux heures avant chaque séance, je dois répondre à un quiz en ligne. Généralement composé de 8-9 questions, ce QCM vérifie que j’ai bien lu les textes du jour. La réalisation des quizzes compte pour la participation, donc on ne peut pas se permettre de l’oublier.
  • Dans un autre cours, l’enseignante nous a prévenu qu’il y aurait 4 pop quizzes – les contrôles-surprise canadiens, portant sur les textes que nous avons lu (en tout cas, que nous sommes censés avoir lu). Ces quizzes comptent pour 15% de la moyenne, donc on ne peut pas se permettre d’être en retard dans les lectures. Cela étant, j’ai quand même reçu cet email de sa part aujourd’hui :
pop-quizzes

Merci de nous prévenir si lourdement🙂

Niveau « textbooks », je m’en suis relativement bien sorti. Pour POLI 361 et ECON 347, il n’y a pas de livre à acheter, car tous les textes à lire sont téléchargeables en ligne. Pour ECON 314, le manuel est très coûteux mais il est disponible en courses reserve (en plusieurs exemplaires, avec un prêt de 24 heures), donc plutôt que de me le procurer je l’emprunterai régulièrement. C’est seulement en ISLA 210 que j’ai quelques livres à acheter, et une étudiante ayant suivi le cours l’an dernier m’a vendu tous les livres d’occasion (ce qui m’a permis d’économiser près de 60%).

L’objet du scandale

En revanche, pour le cours Political participation in comparative perspective, on doit utiliser des clickers. Le concept est intéressant, ses modalités le sont moins. Plutôt que de nous faire émarger une feuille de présence (et de faire face à une salle remplie d’étudiants endormis), D. Stolle veut nous impliquer dans le cours par une participation active : à plusieurs reprises dans le cours, elle nous pose des questions, et nous devons répondre… en utilisant un boîtier de réponses. Pour mieux vous figurer cela, c’est un peu comme les députés qui votent électroniquement en séance (sans lever la main ou se déplacer à l’urne), ou les participants d’un jeu télévisé qui saisissent leur réponse.

  • Avantages
    • Il permet de réaliser des sondages avec la classe pour échantillon (soit 70 étudiants). Ainsi, D. Stolle peut montrer en direct que ses hypothèses de travail sont valides avec nous (… ou pas, s’il s’avère que nous répondons « contre » ses conjectures).
    • Il permet aux étudiants de s’exprimer « de façon anonyme » : ainsi, vous n’avez pas besoin d’avouer à tout le monde que vous n’avez pas fait du bénévolat dans votre jeunesse en levant la main (à moins que votre voisin-e surveille du coin de l’oeil le bouton sur lequel vous appuyez ?)
    • Il permet de lancer le débat : si on constate que 3 étudiants se sont prononcés pour/contre le droit de vote pour les prisonniers, c’est que des arguments existent pour et contre, et qu’il faut les énumérer.
  • Inconvénients
    • Vendu neuf au McGill Bookstore, un clicker coûte $54.29 hors-taxes (ajoutez 15% pour le prix TTC) !!! J’en ai trouvé un d’occasion pour $20 (d’étudiant à étudiant), mais cet achat me reste toujours en travers de la gorge.
    • Parfois, le récepteur ne semble pas capter toutes les réponses, car le taux de participation varie fortement au cours d’une même séance, alors que tout le monde a utilisé son clicker.
    • L’utilisation des clickers compte comme note de participation dans la moyenne (il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, seule la participation compte ; en revanche, pas question d’oublier de répondre…)

Vous remarquerez, enfin, que ce semestre, mes 4 enseignants sont des enseignantes. Au semestre dernier, c’étaient tous des enseignants. Ou comment atteindre la parité sans mixité.

Ce semestre sera donc chargé, d’autant plus qu’en sus du travail universitaire demandé à McGill, je dois préparer mon choix de master ! (vous ne saurez rien de mes réflexions là-dessus, ce blog n’est pas l’endroit pour ça !)

PW – The Migratory Martlet

2 réflexions sur “En hiver on travaille

    • C’était justement en Behavioral Economics que je suis resté au rang 19 sur la waitlist pendant près de 5 semaines, et ce jusqu’à la fin de l’add-and-drop. Quand on sait que ce cours était à la même heure que l’archéologie et Economic Development, le pragmatisme est passé par là…😦

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