McGill les pieds dans l’eau

(J’exagère un peu)

Lundi dernier, j’ai cru que ma 3A se déroulait à Venise en période d’acqua alta, ou bien que Dieu avait jeté son courroux sur la rue McTavish (s’il existe). Voyez plutôt :

Vers 16:15, une conduite d’eau majeure a éclaté près du réservoir McTavish, juste au-dessus du campus de McGill. Comme vous avez pu le constater, l’eau a fui, et a envahi le quartier. Comme les rues University et McTavish sont en pente, l’eau a rapidement transformé la voirie en torrent avec un débit très fort ; elle est rapidement arrivée aux genoux.

La fuite s’est vraisemblablement produite de façon accidentelle alors que des travaux de voirie se déroulaient à proximité de la canalisation (avenue du Dr. Penfield).

En ce qui me concerne, j’étais en cours à ce moment-là (et je étais passé par la rue McTavish à 16 heures). Étant assis derrière des étudiant-e-s qui étaient plus préoccupé-e-s par leur fil d’actualités Facebook que par l’identité de Kaya, j’ai remarqué que sur plusieurs écrans, les mêmes photos et vidéos circulaient brusquement, montrant manifestement une crue sur la rue Sherbrooke. Puis nous avons tous reçu cet email de l’administration à 16:56 (confession : je consulte mes emails en cours) :

Please be advised that there is severe flooding on the downtown campus that originated near the McTavish reservoir. This is a serious situation. A number of buildings have been flooded. If you are still in a main floor or basement area, please move computers, documents, etc. as high as you can and get yourself to safety. If you have already been flooded out, do not return to the office area.

We are trying to assess damage as best we can, but it will be extensive. We will provide more information as it becomes available.

Messages will be posted soon on the McGill website, www.mcgill.ca and you will be told where to look for more information.

Your personal safety is of the greatest importance. Please be careful and do not take any unnecessary risks.
Ne pouvant plus gérer une classe en état d’agitation avancée, la prof nous demande ce qui nous fait remuer comme ça. Et pour montrer qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter, elle a magistralement ouvert la porte de l’auditorium. Et il ne s’est rien passé : ni vague ni torrent qui soit entré (pourtant nous étions en rez-de-chaussée…).

Puis je sors de cours. Pour rejoindre le métro, je dois emprunter la rue McTavish, qui est bloquée – et vous savez pourquoi. Je vous propose de regarder ces extraits vidéo (pardon pour le voyeurisme larmoyant qui sous-tend le montage), capturés par mes soins alors que je tentais de sortir du campus :

Dès lors, nous recevions presque un email toutes les demi-heures avec pour objet URGENT – Flooding update, où nous apprenions que tous les cours du soir seraient immédiatement annulés, que plusieurs rues étaient fermées à toute circulation, etc. Vous pouvez retrouver ces messages ici : McGill Reporter.

L’eau a donc envahi le campus de McGill, et notamment inondé des sous-sols. L’inondation n’a pas touché que l’université : l’eau a débordé sur la rue Sherbrooke, puis le boulevard de Maisonneuve et a atteint la très commerçante rue Sainte-Catherine. Le lendemain, l’eau fuyait toujours de la conduite (ce que vous pouvez voir sur la rue University à la fin de ma vidéo Dailymotion). Certains bâtiments, à l’heure où je vous écris, sont toujours fermés : des cours ont donc été déplacés tandis que certains employés ont été invités à travailler depuis leur domicile. Il est déjà certain, au vu des dégâts, que les finances de l’université pâtiront de l’inondation ; de même que la Mairie de Montréal doit déjà tiquer en voyant l’état de l’asphalte sur la rue University.

Vous trouverez plus d’images et de vidéos student-made sur la page Facebook et le site web du McGill Daily. La couverture média de cette actualité a été très importante. Vous pouvez notamment lire ces articles de La Presse (quotidien en français) et The Montreal Gazette (quotidien en anglais). Les médias audiovisuels ne sont pas en reste : c’était l’information n°1 des journaux télévisés du soir, tant sur CTV que sur CBC ou Radio-Canada ou bien Global News ou encore TVA. Je vous propose notamment ces deux reportages : en français et en anglais.

Comme quoi, on peut avoir des inondations en plein hiver (il faisait environ -8°C à l’heure de l’inondation). Concluons avec les termes d’Amina :

« Et donc après le tremblement de terre, la tempête de neige record, les -40°, il ne manquait plus que l’inondation sur le campus. »

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