Québec ou le faux-carnaval

Le samedi 2 février, j’ai passé ma journée à Québec. Pas la province du Québec (j’y étais déjà et y suis toujours), mais la ville de Québec. C’était ma première sortie hors-de-Montréal-mais-toujours-au-Québec (ayant jusqu’à maintenant cherché à m’enfuir chez les Ricains).

J’avais prévu de profiter du Carnaval de Québec ; mais comme le suggère le titre, j’ai dû réviser mes attentes. Cependant, la découverte de la ville m’a été très agréable.

L'extérieur de l'Hôtel de Glace

L’extérieur de l’Hôtel de Glace

Ça a commencé par un arrêt à l’Hôtel de Glace, à l’extérieur de la ville. Pour les sceptiques, l’Hôtel de Glace est un « hôtel en glace ». En d’autres termes, les murs et le plafond sont en glace, le mobilier et la décoration sont en glace. Et c’est un hôtel, où on peut séjourner : il paraît qu’on y dort admirablement bien, car la neige isole de tout bruit et les sacs isothermes conservent très bien la chaleur émise par le corps. Le reste de la journée, l’hôtel s’ouvre aux visiteurs curieux, déambulant dans la chapelle (de glace), dévalant un toboggan (de glace), ou dégustant un cocktail dans un verre (de glace !).

De gauche à droite : le salon (éclairé par des LED dans la glace qui n'émettent pas de chaleur) ; une vue sur une des suites de l'Hôtel de Glace ; un cocktail de je-sais-pas-quoi dans un verre de glace.

De gauche à droite : le salon (éclairé par des LED dans la glace qui n’émettent pas de chaleur) ; une vue sur une des suites de l’Hôtel de Glace ; un cocktail de je-sais-pas-quoi dans un verre de glace.

C’est aussi à Québec que j’ai réalisé une expérience typiquement québécoise : la tire d’érable. Une vidéo vaut toutes les descriptions du monde :

Pour faire simple : on verse du sirop d’érable bouillant sur la neige. On attend un peu que le liquide chaud se solidifie et refroidisse, pour qu’on puisse l’enrouler autour de la palette (pas trop tôt sinon l’érable coule sur la main, pas trop tard sinon vous mangerez du roc). Et voilà comment je me suis retrouvé à croquer du sucre quasi-pur.

Puis nous sommes arrivés dans la vieille ville de Québec. Si l’agglomération est très étendue, la ville ceinte de murailles est relativement petite… me faisant penser à Saint-Malo, voire à Fougères (amis bretons, ne pas se braquer).

Le Saint-Laurent pris dans les glaces.

Le Saint-Laurent pris dans les glaces.

Le bus nous a déposé devant le château Frontenac. Château est en italique car il s’agit d’un hôtel très-haut-de-gamme qui date de la fin du XIXe siècle. Le château Frontenac donne sur une terrasse, avec une vue impressionnante sur le fleuve Saint-Laurent. Au début du mois de février, ce fleuve est gelé, avec d’énormes blocs de glace se déplaçant lentement vers l’est.

Note à l’intention des futurs touristes de passage à Québec : la batterie de l’appareil photo supporte très mal les températures froides, puisque la mienne, pleine à midi, était épuisée par -25°C vers 15h. Cependant, après l’avoir réchauffée (en entrant dans un restaurant), la batterie est rapidement redevenue opérationnelle (pendant quelques heures de plus, avant que le froid ne la fasse retomber en léthargie).

La Porte Saint-Louis, du côté hors-les-murs.

La Porte Saint-Louis, du côté hors-les-murs.

Si je disais un peu plus haut que Québec me faisait penser à une ville de l’Ouest français, c’est en raison de son architecture de pierre. La ville est très bien entretenue, même si je me doute que le tourisme y est pour quelque chose. Les portes des murailles valent un arrêt, en tout cas pour la Porte Saint-Louis et la Porte Saint-Jean.

Au-delà de la Porte Saint-Louis, se trouve l’Assemblée Nationale du Québec. C’est le parlement provincial du Québec.

L'Assemblée nationale du Québec

L’Assemblée nationale du Québec

La nuit tombant, nous nous sommes décidés à entrer au Carnaval de Québec. De multiples avertissements s’imposent. 1° Ce n’est pas un Carnaval de parades ou de défilés, en tout cas ce samedi-là il n’y en avait aucune. 2° Le Carnaval de Québec est donc une sorte de fête foraine, implantée durablement en février sur les plaines d’Abraham. 3° L’entrée dans cette kermesse est tarifée, au prix de l’achat d’une effigie ($15)… mais 4° N’hésitez pas à la ‘revendre’ car elle n’est pas nominative et est valable pendant toute la saison !

Dans le Carnaval de Québec, j’ai donc vu une compétition internationale de sculpture de glaces, très impressionnante : à partir d’un parallélépipède rectangle, les artistes réalisent de véritables macro-bijoux. Moi-même, on m’a proposé de tailler de la glace, travail qui est bien plus harassant qu’il n’en a l’air. Il y avait aussi un sauna/jacuzzi (par -25°C) ; encore fallait-il que je trouve un short de bain. Donc dans un premier temps, je me suis contenté de me faire prendre en photo avec Bonhomme Carnaval, le symbole du Carnaval de Québec.

à gauche : Bonhomme Carnavalà droite : des sculpteurs à l'oeuvre

à gauche : Bonhomme Carnaval  |  à droite : des sculpteurs à l’oeuvre

J’ai trouvé mon bonheur dans les activités « sportives ». D’une part, je me suis adonné à la luge sur longue distance, glapissant de plaisir dans la nuit hivernale (éclairée par des projecteurs). D’autre part, un gigantesque toboggan de glace m’a rapidement attiré, même si j’ai été un peu plus effrayé à l’idée de me fracasser le crâne contre la glace. J’ai aussi jeté mon dévolu sur les Queues de castor. Contrairement à ce que l’un de mes amis croyait, on n’a fait aucun mal aux castors ; c’est juste une galette enduite de cannelle et de sucre, qu’on recouvre éventuellement de pomme ou d’autres fruits.

Le Carnaval tournant à la discothèque de plein air, j’ai pris congé de mes amis et ai décidé de me promener seul dans le vieux Québec. C’est ainsi que j’ai découvert les « aurores boréales » de Québec, un spectacle lumineux projeté sur des silos.

L'image est ingrate, mais c'était bien plus beau à regarder.

L’image est ingrate, mais c’était bien plus beau à regarder.

Je termine cet article en précisant que c’étaient trois cars entiers d’étudiants internationaux de McGill qui s’étaient rendus à Québec. Cependant, je me suis rendu compte a posteriori que j’avais payé le prix fort : $50, quand d’autres associations proposaient un voyage similaire à $15. Parmi ces étudiants, plusieurs d’entre eux… étaient mes étudiants coréens et chinois (ceci n’est pas une erreur de frappe, je vous raconterai tout ça une autre fois). Le trajet entre Montréal et Québec dure trois heures en bus. Sachant que nous avons quitté Montréal à 01:15, j’ai pu faire l’expérience (fructueuse) des bus de nuit à Montréal !

PW – The Migratory Martlet

p.-s. Tout ce temps sans un seul article. Pour ma défense, je dois compléter un take-home mid-term exam et un problem set. Et en plus, depuis jeudi, je traînais avec moi céphalées, fièvre et congestion nasale, ces symptômes allant en empirant. Maintenant ça va mieux ; mais j’essaie de parer au plus pressé avec le peu de temps restant. Attendez-vous à ce qu’il en soit de même pour le reste du mois de février (puisque les autres midterms arriveront).
Québec

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