États d’âme

Je vous écris depuis le train qui me conduit d’Ottawa à Toronto ; ces deux dernières villes sont celles où je passe ma semaine de vacances (pardon, ma reading week – pendant laquelle je suis effectivement censé rattraper mon retard accumulé dans mes lectures obligatoires, à ceci près qu’au lieu de le faire je voyage). Ce billet ne fourmillera pas d’images ou de liens internet, en raison de son contenu – plutôt personnel – et du fait que j’écris depuis une tablette en mode HTML.

Cela fait environ six mois que je serai arrivé au Canada. Six mois, théoriquement la moitié d’une année. Et pourtant, déjà le retour s’annonce, à grands fracas.
Explications rapides : à mon retour, je commencerai ma première année de master ; le choix de ce master reste à ma discrétion (sauf s’il s’agit d’une filière sélective ou d’un double-diplôme). Grosso modo, Sciences Po attend une réponse définitive et argumentée d’ici les 21 et 22 mars. Or, ma nature anxieuse et tourmentée m’a conduit à changer très souvent d’avis et à voir des défauts partout ; tandis que la 3A n’a réussi qu’une seule chose : faire passer cet enjeu au second plan avec les joies du dépaysement, donc retarder ma réflexion.

Passé ce point d’actualité, je regrette que le retour se fasse sentir aussi lourdement. Dans mon cas, cela intervient deux mois avant mon départ du Canada, et dans le dernier quart de ma 3A. Mais que penser des étudiants en Allemagne ou au Royaume-Uni, dont l’année a démarré en octobre et se poursuivra jusqu’en juillet ? À peine arrivés, à peine acclimatés au nouvel environnement, nous n’avons plus le temps de prendre le temps de découvrir le monde autour de nous (universitaire, socioculturel ou géographique).
Dès lors, le paradigme change, et pas en bien. Au lieu de continuer à améliorer les habitudes de vie que nous commencions à acquérir, ou de poursuivre notre observation, nous en sommes à penser qu’il faut maintenant essayer de profiter au maximum avec le peu de temps qui nous reste : un changement d’état d’esprit, passant de l’enthousiasme à la résignation. Deux mois (cours inclus) pour boucler cet exercice de découverte de la société canadienne et québécoise au travers de Montréal, deux mois pour parachever (tant bien que mal) les voyages à travers l’Amérique du nord.
Comme si Dieu leur avait envoyé un préavis de départ du Paradis terrestre à Adam et Ève (d’accord, j’exagère un peu et le Canada n’est pas un paradis sur terre, mais vous comprenez la métaphore).

Cher lecteur, chère lectrice : le temps est compté, et même à des milliers de kilomètres de la France, il vient se rappeler à toi. Qu’il s’agisse de l’élection présidentielle française pour nos prédécesseurs, ou des errements dans la nomination du nouveau directeur de Sciences Po pour ma promotion, et que sais-je pour nos successeurs, toujours Paris pointe. À moins de se couper de toute information provenant de France – et, à l’occasion, oublier de déposer son dossier en master. Ce qui n’est pas une option souhaitable (quoique je pourrais la désirer).
Profite de la 3A présente, n’oublie pas Épicure. Carpe diem.

PW – The Migratory Martlet

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