OtTo – 2 : Toronto and Niagara Falls

Deuxième (et dernier) article sur la reading week en Ontario, consacré aux 8-10 mars passés à Toronto puis à Niagara Falls. Lire le précédent article OtTo, sur Ottawa : ici.

Toronto's skyline

Toronto’s skyline

Si Ottawa est capitale de jure, toutes les fonctions de commandement non-politique semblent s’être concentrées à Toronto. Première agglomération canadienne en termes de population (plus de 5 millions d’habitants), Toronto est aussi bien un hub aéroportuaire qu’un centre financier et bancaire ou encore une ville aux grandes couronnes industrielles et résidentielles…
Avant de poursuivre cet article, je tiens à préciser que je n’ai pas eu l’occasion de croiser Vincent. Mais j’ai résidé chez Sacha, un autre étudiant en 3A à University of Toronto (camarade de langue grecque ancienne, d’humanités littéraires, de macroéconomie intermédiaire, de droit administratif, d’histoire politique européenne, de sociologie historique du capitalisme…).

En arrivant à Toronto (par le train), j’ai cru un moment me retrouver à la fois à Paris, Londres et New York. Une métropole aux migrations pendulaires dans le métro, avec plein de gens stressés et/ou déprimés, mais aussi très dynamique (d’après les gratte-ciels brillant dans le ciel comme les poubelles de rue un peu trop utilisées).

Le premier jour, je me suis précipité dans la tour la plus haute d’Amérique du nord : la CN Tower (553 mètres). Certes la montée de l’ascenseur jusqu’à 346 m n’était pas vraiment bon marché, mais les excellentes conditions métérologiques valaient largement que j’y monte.
C’est donc dans un ascenseur de verre que je suis monté (à une vitesse effroyable). Arrivé dans le belvédère, j’ai été ravi par tout ce que je pouvais voir : les « petits » gratte-ciels du Financial District voisin, les îles de Toronto et l’immense lac Ontario (d’aucuns l’appelleraient une mer), et plus généralement la métropole torontoise dans les moindres détails. Le temps de scruter/admirer le paysage, et déjà une bonne heure s’était écoulée.
Comme je suis un garçon prévenant, je vous ai filmé ma descente en ascenseur :

Puis je me suis rendu sur les Toronto Islands, en empruntant un ferry jusqu’à Ward’s Island. C’était d’une part la bonne occasion pour mieux embrasser le front de lac de Toronto, mais aussi voir à quoi ressemble cette « curiosité urbaine ».
Car il s’agit bien d’une « anomalie » : à quelques centaines de mètres de la bourse de Toronto, se trouve un archipel couvert d’arbres, dans lequel sont cachées de petites maisons de campagne (de la baraque rustique à la villa élégante). En été les Îles de Toronto seraient un échappatoire à la ville où l’on se précipiterait pour se baigner ou déguster une glace. Mais en hiver, nous devions être (tout au plus) dix personnes à emprunter le ferry, et les îles Ward’s et Algonquin étaient quasiment désertes. Cela changeait donc la nature de l’endroit : toujours un lieu de promenade, mais dans un calme quasi-absolu avec des canaux gelés (même si je ne me suis pas aventuré à marcher dessus).

Photos volontairement choisies pour donner l'impression que je suis déprimé.

Photos volontairement choisies pour donner l’impression que je suis déprimé.

La météo étant décidément bien meilleure que prévu (12°C sous un grand soleil), j’ai donc quelque peu changé mon programme : moins de musées, plus de découvertes à pied !

Un petit air d'été au bord du lac Ontario (quand il fait 12°C on enlève les manteaux)

Un petit air d’été au bord du lac Ontario (quand il fait 12°C on enlève les manteaux)

Se promener au bord du lac Ontario est très agréable, car les quais ont été aménagés en jardins ; canards colverts et cygnes se joignent à la partie. Tout près de là se trouve le Harbourfront Centre (bien que les expos y soient gratuites, elles ne m’ont pas vraiment marqué et j’ai surtout profité de la WiFi).
Plus au nord se trouve un quartier dont je n’ai pas compris s’il s’agissait de l’Entertainment District, du Financial District ou des deux. C’est le coin où les gratte-ciels se tutoient, toujours nommées d’après une banque : TD, Bank of Montreal, Royal Bank of Canada, National Bank of Canada, ScotiaBank, CIBC. Sous ces tours, se trouve une ville souterraine quelque peu semblable au Réso montréalais : PATH les relie par des galeries commerçantes très chic, connectées au métro. De façon générale, l’espace commercial est plus huppé qu’à Montréal : l’Eaton Centre de Toronto aligne boutiques de mode sur boutiques de mode.

On remonte ainsi jusqu’à Nathan Phillips Square, où se trouvent le City Hall de Toronto et la Cour de justice de l’Ontario (dans Osgoode Hall). Une patinoire de plein-air y est aussi installée, même si je me pose des questions quant à la glace par de telles températures…

Nathan Phillips Square - Toronto City Hall

Nathan Phillips Square – Toronto City Hall

En progressant encore vers le nord, on arrive à Queen’s Park. C’est le parlement provincial, entouré des bâtiments de l’University of Toronto (qui ressemble à un McGill encore plus grand et divers : buildings de verre voisinent avec bâtisses de style gothique ou éclectique). C’est aussi là que se trouvent le Gardiner Museum (consacré aux arts de la terre cuite) et le Royal Ontario Museum. J’ai visité ce dernier musée (jeudi à partir de 16h30 : $8 sur présentation de student ID). On y croise des dinosaures et des ours bruns, du quartz violet et de la malachite verte, des Bouddhas chinois et des icônes byzantines. Si ses collections seraient ridicules selon des critères européens, elles sont très fournies par rapport à ce qu’on pourrait trouver ailleurs sur le continent américain.

TTC streetcars

TTC streetcars

En termes de quartiers, j’ai visité le Chinatown de Toronto (troisième plus grand quartier chinois selon le Routard de Sacha). Dans cette aire pleine de sonorités asiatiques (et, plus prosaïquement, de commerces), s’insèrent l’Art Gallery of Ontario, ainsi que le Kensington Market (quartier aux petites rues pleines de friperies et petites épiceries alternatives… dont une fromagerie qui vend du camembert !).
Depuis le Royal Ontario Museum, en continuant vers l’ouest sur Bloor Street, on tombera sur Yorkville, un quartier cossu.
Sachez aussi qu’outre le métro, des tramways (streetcars dans la terminlogie anglaise de la TTC) circulent sur de nombreuses rues (nord-sud et ouest-est) à Toronto. Sur la photo ci-dessus, la 510 suit Spadina Road.
Si vous voulez quelques adresses pour manger bien et pas cher, le guide en anglais Moon – Ontario m’a été très utile pour trouver le Salad King, au 340 Yonge Street. Un restaurant thaïlandais très branché, mais où on peut très copieusement dîner pour moins de $10 (taxes incluses) ! Néanmoins, il paraît qu’il faut réserver, ou sinon se présenter seul…

Astuce : prendre des photos et des notes pendant le repas (ça donne l'impression que vous êtes un critique qui opère une visite incognito !)

Astuce : prendre des photos et des notes pendant le repas (ça donne l’impression que vous êtes un critique qui opère une visite incognito !)

Et maintenant, un bref focus sur les chutes de Niagara (9 mars).
Le lieu était magnifique, de même que la météo (je me suis surpris à me promener en pull !). Il y a même eu un arc-en-ciel pendant plusieurs heures. Tant d’eau qui s’écoule depuis le lac Érié vers le lac Ontario ; et cette eau finit par couler dans le Saint-Laurent à Montréal ! Conclusion (un peu éculée mais quand même vrai) : que la nature est belle et puissante !
Bon, c’était quand même la fin de l’hiver : de nombreuses attractions étaient encore fermées, à l’exception de l’ascenseur qui vous emmène en bas des chutes… sauf que les fenêtres percées dans la roche derrière les chutes étaient complètement bloquées par la glace.
En revanche, la ville de Niagara Falls est franchement commerciale. Le long de la promenade se sont dressés grands hôtels, casinos, boutiques duty-free (près des ponts conduisant à l’État de New York), et autres grands buildings. Les boutiques affleurent, et la gare routière est opportunément située à 5 km des chutes, pour être certain qu’on prenne bien la navette aux fréquences aléatoires et au modique prix de $7 (kof kof…). L’impression en a été renforcée par les nombreux cars de touristes restant dix minutes (le temps de se faire prendre en photo) et la traversée de la ville de Niagara Falls (ayant raté la navette, j’ai dû emprunter deux bus de ville pour rejoindre la gare d’autocars à temps).
En bref, si vous voulez voir de la nature, préférez les gorges du Verdon aux chutes de Niagara (même en saison basse). À relever : sur la route entre Niagara Falls et Toronto, il y avait beaucoup de vigne (apparemment pour les vins de glace canadiens) ; et même une exploitation Magnotta (je suis dans l’actualité).

Comme je vous ai déjà raconté mes mésaventures du retour, passons directement à une (maladroite) tentative de bilan.
Autant l’avouer tout de suite : j’ai beaucoup culpabilisé de ne pas avoir travaillé ou lu pendant la reading week. Mais je ne regrette pas d’avoir passé mon unique semaine de vacances à voyager !
Jean Baptiste, de par son stage (circonscription québécoise et travail à Ottawa), a une expérience à la fois plus canadienne et québécoise que moi (qui suis à Montréal, dont l’identité semble se construire en adversité à sa province et son pays). Sacha vit à Toronto (tout en anglais donc), ville où les choses vont plus vite et sont plus grandes : si les gens sont moins souriants qu’à Montréal, ils sont aussi moins « mous », avec plus de tonus (no offense les Montréalais). Les grands immeubles sont plus nombreux, mais surtout ils sont de verre (transparent, bleu-vert), là où le centre-ville de Montréal tient du béton (gris). Impression strictement subjective, mais persistante et partagée – et il va sans dire que je préfère le bleu-vert au gris. Que penser, alors, de l’affirmation de Jean Drapeau (maire de Montréal) en 1960 : «Laissons Toronto devenir Milan, Montréal restera toujours Rome.» ?
Il est illusoire de vouloir classer Québec, Montréal, Ottawa et Toronto (citées d’est en ouest). Mais de toute évidence, les quatre villes sont très différentes les unes des autres. J’aurai vu un peu plus du Canada cette semaine-là, même s’il me manque encore l’expérience de l’Ouest, de l’Atlantique (et, évidemment, du Grand nord…).

PW – The Migratory Martlet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s