Fin de l’hiver, début du printemps

 L’hiver 2013 est terminé. Le printemps 2013 a commencé aujourd’hui.

Pour être plus précis, l’équinoxe de printemps a eu lieu ce matin, mercredi 20 mars, à 07:02 (heure avancée de l’Est).

Station Préfontaine, édicule sud (rue Hochelaga)

Printemps ? Vous avez dit printemps ? Les photos ci-dessus et ci-dessous correspondent à ce qu’on pouvait voir à Montréal, hier.

(célèbre) Rue McTavish

Les bulletins météo indiquaient qu’environ 20 centimètres de neige étaient tombées sur le sud-ouest du Québec (bordée, poudrerie… tout un vocabulaire aux sonorités familières mais au sens encore flou à la fin de l’hiver pour moi). Les températures oscillaient juste en-dessous de 0°C, au point de congélation.

Hier soir, dans le Téléjournal 18h Grand Montréal de Radio-Canada, Patrick Roy rappelait doucement qu’il y a exactement un an, il faisait 20°C, et que les Montréalais sortaient dîner en terrasse sous un beau soleil. De quoi se dire qu’on s’acharne sur nous.

Les chutes de neige entre le 19 et le 20 mars, prévues par MétéoMédia

Les chutes de neige entre le 19 et le 20 mars, prévues par MétéoMédia

Mais de quoi me plains-je ? D’un hiver qui n’a que trop duré ? Pas du tout !

L’hiver canadien/québécois/montréalais n’a rien de surhumain.

SL377240

Un chasse-neige sur Lower Field. Tout va bien.

Vous êtes équipés pour les circonstances, avec vos vêtements d’hiver. De plus, on s’acclimate plutôt facilement à l’hiver. Je suis frileux, mon système immunitaire passe pour être assez frêle… mais même si je suis tombé malade à la mi-février, c’était parce qu’il y avait eu un redoux et que je me suis habillé comme au mois de juin !

La saison de l’hiver ne signifie pas que Montréal est plongée à -30°C pendant trois mois. En réalité, les températures deviennent positives de façon régulière au cours de l’hiver, et pour plusieurs jours (c’était ce qui s’était passé à la mi-janvier, ainsi qu’à Toronto pendant la reading week). La neige fond, et les précipitations sont des pluies (et non plus des neiges).

De même, le terme « tempête de neige » est utilisé très/trop facilement par les journalistes québécois. Certes, ils ne parlent pas de « tempête hivernale » à la moindre neige fine qui tombe ; mais si on compte le nombre de tempêtes cette année, nous en aurons eu six cet hiver. Six, c’est est beaucoup trop : les chutes de neige, même en grande quantité, ne sont en rien les « ouragans du nord » ! Même lorsqu’il y a une tempête, les services de la Ville de Montréal déblaient les chaussées et les trottoirs dans la journée : oui, on peut parfois croiser des chasse-neige sur les trottoirs !

Comme j’ai déjà dû l’écrire ailleurs, l’hiver est difficile à supporter en ce que le ciel est parfois d’un gris terne pendant plusieurs jours, et que la neige fondue rend les trottoirs difficilement praticables. Mais quand le temps est sec et clair, se promener est agréable.

Donc « en général » les Canadiens survivent à l’hiver.

Regardez : trois sciencepistes ont survécu à l'hiver ! (la photographe était si bouleversée qu'elle en a tenu l'appareil photo de travers)

Regardez : trois sciences-pistes ont survécu à l’hiver ! de gauche à droite : Anne-Sophie, Théo, et moi-même (la photographe était si bouleversée qu’elle en a tenu l’appareil photo de travers)

Je n’ai pas pu assouvir mes fantasmes lors de cet hiver 2013. Il est vrai que ces fantasmes étaient difficilement plausibles. La liste qui suit n’est pas complète mais reflète assez bien à quel point ma perception de l’hiver montréalais était distordue :

  1. Sortir sur le balcon (j’habite au premier étage), et se rendre compte qu’avec la neige je suis en fait au rez-de-chaussée
  2. Tenter d’ouvrir la fenêtre, et se rendre compte que la glace/neige l’a recouverte (et que je suis enterré)
  3. Être aveuglé par un tourbillon de neige
  4. Vivre pendant trois, quatre – cinq ! qui dit mieux ? – mois, dans le grand blizzard par -40°C
  5. Être enfermé à l’université à cause des intempéries pendant des jours et des jours
  6. Procéder à une miction en extérieur… je vous passe les détails (enfin bon, ça gèle !)

Répondons point par point :

  1. Il aurait fallu qu’au moins 2 mètres de neige soient cumulés ; or, ça fond entre chaque nouvelle chute de neige.
  2. Le fantasme n°2 était une variante hardcore du fantasme n°1. Encore plus improbable.
  3. Au moins, ça, c’est arrivé. Le 21 décembre 2012, figurez-vous ! Avec Ambre, Adrien et Edgar, sur le campus de McGill !
  4. J’ai eu une unique journée à -40°C, et encore c’était la température ressentie au petit matin.
  5. Ce n’est pas arrivé à Montréal (je n’ai que quelques dizaines de mètres pour entrer et sortir du métro)… mais ça m’était déjà arrivé dans les Yvelines (pendant quelques heures, pas des jours).
  6. No comment

Avec les mots hardcore et fantasme, je me demande quel genre de lecteurs va tomber sur cet article.

Merci à Philippine (Montréal, Canada) et à Arnaud (Saint-Pétersbourg, Russie) pour la photo. On a l’air un peu ridicule à côté…

Tout ça pour dire : voilà ma dernière neige de l’hiver. Si d’autres venaient à suivre, ce serait dans des proportions bien moindres. Des neiges de printemps quoi, quelques millimètres qui auront vite fait de fondre.

Non de diou ! Ressembler à lui ? jamais !

Sincères excuses auprès de ceux qui pensent que ce blog a une fâcheuse tendance à imiter Jean-Pierre P., sexagénaire qui chante une berceuse méridienne du lundi au vendredi sur la télévision française, introduite par les prévisions d’Évelyne D. J’ai très mauvaise conscience de faire du blogging de bas étage.

PW – The Migratory Martlet

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