« Prochaine station, MéGuil »

Ça a failli être le nom de ce blog. Il fallait bien évidemment parler (au moins une fois !) du métro de Montréal.

Le réseau du métro de Montréal

Le réseau du métro de Montréal

N’habitant pas à proximité immédiate du campus, je prends tous les jours la ligne verte du métro. Entre Préfontaine et McGill (ou bien Peel), il me faut environ dix minutes de métro à chaque trajet (auxquelles il faut bien sûr ajouter le temps passé à marcher dans les stations).

Ce n’est pas un métro à très haute fréquence ; mais je ne peux pas vraiment me plaindre d’une rame passant toutes les 3 à 6 minutes (surtout après avoir été dépendant d’un RER C passant quatre fois par heure pendant deux ans !). De même, si les stations sont assez éloignées les unes des autres, le métro parcourt de longues distances sur l’île de Montréal à une vitesse très appréciable. Ce n’est pas du maillage de proximité, mais bien du transport de masse pour les migrations pendulaires (en fait le bon point de comparaison serait le RER plutôt que le vieux métro).

Au centre-ville, les stations sont plus rapprochées (à ce propos, ne vous fiez pas au plan : la distance McGill-Peel est nettement plus courte que Papineau-Frontenac !). La plupart d’entre elles sont connectées au RÉSO, i.e. les galeries de la ville souterraine, si bien que les étudiants de l’université Concordia peuvent se rendre en cours sans mettre le nez dehors à partir des quais de Guy-Concordia par exemple (mais pas McGill…), tandis que la Bibliothèque Nationale du Québec est accessible juste après les tourniquets de Berri-UQÀM.

Allons aux faits :

  • Les rames (bleues) comptent neuf voitures. Il y a peu de places assises, mais l’espace laissé libre permet de ne pas être trop serré à l’heure de pointe.
  • Comme l’indique le plan ci-dessus, le réseau compte quatre lignes, qu’on désigne par leur couleur. « Berri-UQÀM, correspondance entre les lignes jaune, orange et verte ».
  • À Montréal, les tourniquets ne sont pas des portes de prison mangeuses de main… mais bien des tourniquets, relativement bas ; l’intérieur de la station est délimité par de simples barres de métal et non des vitres pare-balle. Vous pourriez très bien sauter par-dessus sans difficultés, mais ici ça ne se fait pas. C’est que les Montréalais sont un peuple plus civilisé que ce qui se croise à Paris.
  • Les couloirs peuvent être longs pour rejoindre la station, mais ils ne sont jamais sinueux et on en comprend à peu près la logique. Après être entré dans les édicules au niveau rue, on descend vers un niveau intermédiaire avec les tourniquets, et après validation on descend encore au niveau des quais.
  • Les stations ont une décoration propre et d’autres particularités. Dans « ma » station Préfontaine, c’est un toit de verre qui laisse passer la lumière naturelle sur les quais. Dans d’autres stations, des vitraux agrémentent l’attente. À Lionel-Groulx, les correspondances se font en face-à-face (on ne change pas de quai, comme à La-Motte-Picquet-Grenelle) ; Berri-UQÀM ressemble au Châtelet montréalais, puisque presque tout le monde descend pour y prendre une correspondance.
  • En revanche, toutes les stations ont leur nom écrit en tous petits caractères blancs étroits, sur une frise métallique noire (il faut avoir l’œil pour savoir si on descend à la bonne station, ou prêter attention aux messages sonores – cf. suite de l’article). D’ailleurs, cherchez le nom des stations sur les photos ci-dessus et ci-dessous.
  • Pour les stations les plus fréquentées, de grands écrans diffusent un programme de quelques minutes, Métrovision. Il tourne en boucle de façon muette, incluant le rappel des titres de l’actualité et la météo (fournis par RDI), des brèves économiques, sportives ou « culturelles » (plutôt showbiz), des publicités, des jeux-concours, et d’autres pastilles (il y a eu la période « concours de moustache » ; en ce moment c’est le dépistage contre le cancer de la vessie et l’astuce écolo qui ont la cote).
  • De façon contre-intuitive, McGill n’est toujours pas la station la plus pratique pour rejoindre le campus de McGill University. Depuis Peel, on peut presque sortir en face de la Humanities and Social Sciences Library, sur la rue McTavish.

Pour bénéficier du tarif réduit pour étudiants, il faut obtenir une carte OPUS (l’équivalent du Navigo ou de l’Imagin’R francilien). À la rentrée, cela signifie faire une très, très, très, très, très longue queue au studio photo de la STM, armé(e) d’une preuve d’âge, d’une preuve de scolarité et d’un formulaire – et surtout de $15 (exactement, en espèces). Ledit studio photo de la STM était situé à la station McGill mais il paraît qu’il a déménagé à Berri-UQÀM ce printemps. Avec la carte OPUS bien méritée, il n’y a plus qu’à charger un titre de 4 mois dessus.

Enfin, même (et encore plus) au cœur de l’hiver, le métro de Montréal semble surchauffé, tant les rames que les stations. On devrait parler d’un « transpire en commun« , et chanter Il fait chaud dans le métro !

La vidéo précédente n’est pas une plaisanterie, mais bien une publicité émanant de la STCUM, ancêtre de la STM, proclamant que le métro de Montréal est le « plus beau du monde » (!) (rien que ça !). Car le métro de Montréal, tout comme les autobus, est exploité par la STM, Société de Transport de Montréal. Ayant été stagiaire à la RATP pendant cinq semaines en 2011 (Gilets Verts forever !), la comparaison RATP / STM peut être intéressante.

  • Les employés de la STM auxquels j’ai été confrontés ont toujours été courtois avec moi (même si une amie de San Francisco qui m’a rendu visite en janvier n’est pas du même avis). Ils ne semblent pas affublés d’une réputation de nonchalant grognard que certains attribuent à la RATP, mais je ne dirais pas non plus qu’ils brillent par leur enthousiasme au travail.
  • Le métro est vraiment sûr (« sécuritaire » disent-ils ici). S’il y a des sans-abris dans certaines stations, je n’ai pas (encore) été confronté à des faits de violence, ni entendu parler de voleurs/pickpockets. Je ne dirais pas que la prudence est inutile, mais on peut rester serein quand on prend le métro en soirée ; et on peut raisonnablement sortir son téléphone ou sa tablette dans la rame (sans craindre de se la faire arracher).
  • Lors des incidents de service, la STM fait parfois preuve d’une légèreté agaçante vis-à-vis des usagers. Certes des navettes de remplacement sont mises en place, mais je trouve que la société de transport se cache trop facilement derrière des alibis du type « panne informatique » ou « des usagers bloquent les voies ». Et gare à vous si vous tentez de critiquer la STM sur Facebook : vous vous prendrez littéralement une fatwa de la part de l’admin et d’autres usagers outrés par votre « égoïsme » ! Du côté de la RATP, de tels incidents de service sont au contraire source de nervosité pour le personnel, car on lui imputera la responsabilité de ces désagréments quoi qu’il arrive (j’insiste sur le « quoi qu’il arrive » : si quelqu’un se suicide sur la ligne 13, c’est TA faute).
  • Jusqu’à très récemment, l’unique langue de la STM était le français. Pendant ce temps, à la RATP, les stagiaires polyglottes affluent (en juillet 2011, six langues étrangères étaient parlées à Montparnasse-Bienvenuë).
Dans le bus

Dans le bus

Je n’emprunte le bus que par intermittence, et cela n’a rien d’intuitif. Les directions sont nord, sud, est, ou ouest ; et les stations sont implicitement désignées par la rue « transversale » que le bus croise sur la rue « principale » (qui porte le nom de la ligne : la rue Sherbrooke pour 24-Sherbrooke). De façon générale, à moins de vouloir se perdre ou de connaître la ligne, je ne prends pas le bus. Pour descendre, il faut tirer sur les cordes jaunes (qui font office de bouton « Arrêt demandé »), puis pousser soit-même la porte en appuyant sur les barres jaunes (encore).

Terminons sur un sujet plus léger. L’an dernier, j’ai suivi l’enseignement Écriture du son avec Daniel Deshays (ne me demandez pas pourquoi, c’est tout le hasard des inscriptions pédagogiques). L’atelier avait pour objectif de nous rendre sensible au son non-musical, notamment dans l’environnement urbain. Voici donc plusieurs prises de son sur site, dans le métro de Montréal :

Comme vous le constatez, la fermeture des portes est annoncée par un arpège (?) sur la ligne orange ; pas sur la ligne verte.

En écoutant attentivement la dernière prise de son, vous entendez la voix-off de la STM (sans accent !) prononcer le nom de la station McGill. Surprise, c’est « MéGuil ». Maintenant, vous savez comment ça se prononce.

PW – The migratory martlet

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