L’argent n’a plus de couleur

Pecunia non olet. — T. Flavii Caesaris Vespasiani Augusti

L’argent n’avait plus d’odeur. En ces temps de transparence, il est en passe de perdre ses couleurs. La Banque du Canada a présenté le 30 avril des nouveaux billets de banque, de 5 et 10 dollars.

Ils sont en polymère (donc en plastique) – difficile d’avoir échappé à cette information martelée partout. Ils sont – paraît-il – plus résistants au temps (moins facilement déchirables), plus sécurisés (puisque la technologie de pointe a investi la monnaie-papier). Et bien sûr, cet élément qui défie la raison : outre leurs hologrammes et filigranes, ces billets sont partiellement transparents.

Le nouveau billet de 5 dollars canadiens, représentant sir Wilfrid Laurier, Premier ministre du Canada de 1896 à 1911 (premier « Canadien-français » à être Premier ministre)

La presse a commenté ces dévoilements ici et et . Sur le billet de 5$ donc, on verra Sir Laurier et le Canadarm (que j’évoquais dans un article précédent). Sur le billet de 10$, il y aura sur le recto Sir John Alexander Macdonald (le premier Premier ministre du Canada, artisan de la Confédération canadienne en 1867) et le train Canadien (qui relie Toronto à Vancouver).

Les amateurs de numismatique liront avec attention le schéma ci-dessous, articulé autour du billet de 20 dollars déjà en circulation :

J’avais déjà présenté leurs « grands frères » en vous racontant ma visite du musée de monnaie la Banque du Canada. La série est donc en passe d’être complète. Cependant, je n’aurai pas l’occasion de m’en servir, puisque les billets de $5 et de $10 entreront en circulation en novembre 2013.

Pour mémoire, l’actuel billet de 5 dollars (toujours avec W. Laurier)

À peine dévoilés, et déjà ces billets ont déjà une existence mouvementée.

  • Une polémique avait éclaté lors de la « sortie » du billet de 100 dollars. Au verso de celui-ci on avait représenté une chercheuse pour symboliser la recherche scientifique au Canada. Certains panélistes avaient trouvé que la chercheuse ressemblait beaucoup trop à un certain groupe ethnique.
  • De même, des botanistes se disputent autour de la feuille d’érable, car selon certains ce ne serait pas une feuille d’érable canadien mais une feuille d’érable norvégien qui serait représentée sur les nouveaux billets (l’érable norvégien existe dans l’est du Canada mais c’est une espèce invasive…). D’où quelques doutes sur le degré de renseignement des graphistes…
  • Sur le billet de 20 dollars, certains ont cru que les tours jumelles du World Trade Center ont été grossièrement dessinées, criant au scandale. Sur ce coup-là, ce sont les râleurs ont été tournés en ridicule : c’est le Monument commémoratif du Canada à Vimy qui a été figuré ! (monument en l’honneur de la victoire canadienne de Vimy, en France, en 1917 lors de la Première Guerre mondiale)

Avant d’arriver à Montréal, j’avais lu sur Wikipédia qu’à l’instar du dollar des États-Unis, le dollar du Canada donnait des surnoms à ses pièces : en anglais, le penny (¢1), le nickel (¢5), le dime (¢10), le quarter (¢25), le loonie ($1) et le toonie ($2).

En français, le loonie s’appelle le huard en raison de l’oiseau y est représenté sur le revers, un plongeon huard. Toujours sur Wikipédia, on lit que cette pièce de 1 dollar canadien est aussi surnommée une piasse. Le jour où j’ai entendu cette expression pour la première fois, j’ai compris « pièce ».

De même, on dit « un sou » pour « a penny ». Mais depuis le début de l’année 2013, le penny a été retiré de la circulation, si bien que les transactions en espèces sont arrondies à 5 sous près.

Je termine en évoquant la Banque du Canada. Selon Chris Ragan (Associate Professor d’économie à McGill et enseignant en ECON 319), la Banque du Canada est l’idéal-type de la banque centrale indépendante, et (par conséquent ?) parfaite, en ce qu’elle pilote la politique monétaire du Canada sans être sous la pression du secteur financier ou du gouvernement, que le gouverneur est nommé de façon non-partisane et pour une longue durée.

Dès le Chapitre 1, mon prof présente Dieu-Carney.

Dès le Chapitre 1 (macroeconomic review), mon prof présente Dieu-Carney.

Si je ne cherche pas à discuter de la perfection de la banque centrale indépendante (c’est un autre sujet), un commentaire s’impose sur le gouverneur de la Banque du Canada. Mark Carney est le gouverneur de la Banque du Canada depuis 2008, poste qu’il quittera le 1er juillet. En effet, à compter de ce jour il deviendra gouverneur de la Banque d’Angleterre (un Canadien pour le trésor britannique…). Avant d’occuper ses fonctions actuelles à Ottawa, il travaillait auprès de la banque d’investissement Goldman Sachs (qu’on a beaucoup égratiné en raison de son influence un peu extraordinaire dans les milieux politiques). Enfin, beaucoup ont spéculé sur la possibilité que Mark Carney soit débauché par le Parti Libéral du Canada pour en devenir le chef (et potentiellement futur Premier ministre). Bref, il y a matière à discussion, même si sa compétence n’est pas sujette à contestation.

Bon. Écrire un article à dominante économique sur le Canada, ce n’est pas très facile ; mais je n’ai pas trouvé plus intéressant comme sujet (je reviens plus facilement sur la politique ou l’Histoire). Il faut que j’améliore mon style.

PW – The Migratory Martlet

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