Dépression postpartum

23 août 2012 – 22 mai 2013 : une 3A de neuf mois

Je suis rentré en France. Telle une grossesse, ma 3A a duré exactement neuf mois. Maintenant j’en suis au baby blues.

Une heure après être revenu en France

Dans la suite de l’article, je vais me plaindre. Soyez prévenus.

Justement, en parlant de se plaindre, j’ai pu constater avec amertume la différence d’humeur entre les Français et les Canadiens ; et ce, au moment même où j’ai franchi la sortie des Arrivées du terminal 2E de l’aéroport Roissy – Charles-de-Gaulle.

  • « Dépêche-toi ! Il n’y a que 20 minutes gratuites à l’aéroport ! »
  • « Vite ! Quelqu’un d’autre attend pour notre place de parking ! »
  • « (grossièreté) ! Il y a un bouchon ! »
  • « Il fait moche… il fait tout le temps moche ! »
  • « Et n’oublie pas de dire à C. (mon frère) qu’il doit réviser son contrôle de français demain, parce que son bac blanc… ! »

Donc, ont-ils donc attendu mon retour pour que je mette la pression sur mon frère sur le bac, par une journée fraîche et sous éclaircies, avec un petit ralentissement en accordéon sur l’A1 pendant quelques centaines de mètres ?

J’avais interviewé il y a un an et demi Yann Algan, coauteur de La Fabrique de la Défiance. Les Français ne font pas confiance à leurs pairs à un degré handicapant, paraissent arrogants tout en manquant du minimum d’estime de soi. Je m’en suis rendu compte, pas tant en allant à la rencontre des Canadiens, mais plutôt en retrouvant les Français…

Pour revenir à la métaphore de la grossesse, il faudrait admettre que j’ai été engrossé dans le vol aller, que les nausées des premières semaines correspondent aux difficultés de l’installation, que la future maman épanouie tient pour tout le reste (avec un ventre qui s’arrondit à mesure que je fais mien le mode de vie de l’étudiant mcgillois). La métaphore filée n’est pas très satisfaisante ; il faudrait en trouver une autre. À quoi correspondraient les -40°C de janvier, le choix de master, les tires d’érable, le rapport de séjour ?

Ceci n’est d’ailleurs pas le lieu de la description obscène de mes contractions préparatifs du retour, ni de mon accouchement vol retour.

SL375164

… Revoir le divin raton-laveur ? Échec

La semaine entre mon retour de Vancouver et mon départ pour CDG a été vraiment trop courte. Voici donc une (longue) liste des choses que j’aurais dû faire à Montréal avant de partir, qui fait écho à mon billet d’humeur dans the McGill Tribune :

  • visiter le Centre Canadien d’Architecture (gratuit pour les étudiants, le comble…)
  • visiter le Biodôme (j’avais déjà acheté le ticket valable entre le 18 mai et le 18 juin, sans trouver le temps d’y aller entre bagages excédentaires et choses à jeter)
  • assister à une des auditions de la Commission Charbonneau (et ce n’étaient pas les auditions qui manquaient)
  • retourner au Dollar Cinema ($2.50 la séance et une programmation en retard de six mois sur les autres salles : la combinaison parfaite pour moi qui suis au courant des bons films quand ils ne sont plus projetés et qui suis radin)
  • venir et revenir dans un Tim Hortons (non pas que je n’y sois pas allé, mais on n’y va jamais assez)
  • rejouer aux 21 Balançoires musicales (idem, mais on ne se balance jamais assez)
  • visiter plus sérieusement le Plateau (quartier qui passe pour le plus sympa et où j’ai dû mettre les pieds… trois ou quatre fois ? et à chaque fois pour le traverser rapidement) ; même remarque pour le Vieux-Port
  • m’essayer au Bixi et faire un tour de l’autre côté de Montréal (le marché Jean-Talon, Westmount ou encore d’autres coins « incontournables » me sont encore inconnus)
  • aller voir un match de hockey sur glace avec les Canadiens de Montréal au Centre Bell, avant qu’ils soient éliminés de la LNH
  • sortir de Montréal et voir le reste du Québec…

À cette liste abrégée, il faut ajouter ce qui aurait pu être fait en une autre saison (patiner sur la Patinoire du Vieux Port, profiter des divers festivals dans la ville dont Igloofest et des théâtres, aller à La Banquise puisque les seules poutines que j’ai mangées étaient de la restauration rapide…).

… ou retourner au Musée des Beaux-Arts, puisqu’on m’a fait lourdement remarquer que mes souvenirs de cette visite sont lacunaires
Les Castors du Roi, Kent Monkman

Pendant ce temps, il me faut entendre mes parents radoter sur le mauvais temps, « la crise », ou encore sur le dilettantisme actif (ou l’ardeur paresseuse ?) de mon frère à l’approche des examens. Les entendre dire qu’il ne faut surtout pas que je fasse de stage cet été (mission presque réussie puisqu’ils m’ont déjà convaincu d’attendre de revenir en France pour chercher…), ou que je devrais me couper les cheveux, ou bien que c’est horrible que je ne sorte jamais de la maison (mais que non, c’est dangereux de marcher à pied tout seul dans la rue – et que le ticket de RER coûte trop cher – et que je ne sais pas conduire malgré mon permis obtenu il y a un an).

Dites, les parturientes, est-ce que vos parents vous traitent comme une infirme ?

(Sans transition) Les derniers soubresauts ridicules et mensongers de la “manif pour tous” (manif pas pour moi en tout cas) sont encore plus dégoûtants vus de près, alors que le Canada a depuis longtemps tourné la page. (Sans transition, bis) Les usagers du Transilien sont toujours aussi grossiers envers le personnel (mais pourquoi ne pas prendre exemple sur la STM ?). Les gens ne ramassent pas toujours ce qui résulte de la digestion de leurs amis canins. On ne peut pas savoir combien de secondes il reste avant que le bonhomme passe au rouge s’affiche en orange clignotant.

I❤ BAnQ (tellement plus agréable que la Bibliothèque municipale de V.)

Du reste, j’ai passé beaucoup plus de temps que d’habitude à taper cet article. Vous avez bien lu taper et non écrire, car mes yeux font constamment l’aller-retour entre le clavier AZERTY et l’écran. Tout à l’heure, sur Facebook, je me suis laissé surprendre à rédiger un commentaire comme si j’étais sur un clavier QWERTY et je peux vous dire aue je ,e suis rendu co,pte un peu tqrd de l*incorrection dudit co,,entqire. Il est vraisemblable que j’aurais passé moins de temps à taper cet article sur un clavier QWERTY grâce aux raccourcis type alt+130 plutôt qu’avec ce *%^£@ç&# de clavier AZERTY absolument pas intuitif. Et moi qui pensais pouvoir être le concurrent masculin de Rose Pamphyle aux championnats de vitesse dactylographique… Rendez-moi un clavier QWERTY !

(Bon, je crois que je suis redevenu Français de France, après m’être à ce point plaint sur tout)

Bon. Quand est-ce qu’on me rapatrie à Montréal ? Je veux rentrer !

PW – the migratory martlet

… Mais ça, c’était avant.

p.-s. J’ajoute que mes parents sont en train de lire d’un oeil très désapprobateur le brouillon de cet article…

p.p.-s. Aucune illustration n’est originale, car mon appareil photo est toujours dans l’un de mes bagages que je n’ai toujours pas défaits (chaque chose en son temps).

Une réflexion sur “Dépression postpartum

  1. Bienvenu parmi ceux qui ont le blues de la 3A. Je rentre des USA et constate comme toi toutes les merveilles de l’humeur française.
    Heureusement que j’ai aussi retrouvé mon doudou pour me rouler dans mon lit…

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